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Le syndrome de Clovis

J’avais publié une première fois cet article il y a bien longtemps. Je l’ai repris sur ce blog en 2005. Les choses n’ont pas changé, il est plus que jamais d’actualité ! Les exemples ne manquent pas : tel personnage public, encensé hier, est voué aux gémonies aujourd'hui… telle loi, combattue avec acharnement jadis, est défendue avec la même vigueur, quelques années plus tard, par ceux-là mêmes qui en étaient les plus farouches opposants… Logique : le syndrome de Clovis a encore frappé !

"Courbe la tête, fier Sicambre, abaisse humblement ton cou. Adore ce que tu as brûlé et brûle ce que tu as adoré".
En ce jour de Noël 496 (ou 498), en prononçant cette phrase, Rémi, archevêque de Reims ne savait pas qu’il allait durablement influencer la société française.
Prémonition ou malédiction ? Toujours est-il qu’aujourd’hui encore les Français ne manquent pas une occasion de mettre en pratique cette injonction !

J’appartiens à cette génération qui a encore connu de vrais cours d’histoire, à une époque – pas si lointaine – où le but de l’école était de donner à tous les élèves des bases solides. On y apprenait à lire et à écrire, les dictées n’étaient pas préparées, il fallait retenir par cœur un certain nombre de dates importantes, nous récitions aussi bien les fables de La Fontaine que les tables de multiplication…
Les instituteurs, serviteurs de la République, avaient choisi ce métier par vocation. L’intérêt de l’élève était une réalité, pas une façade : il ne servait pas à justifier une grève !
Nostalgie ? Non, les temps changent… la société aussi.
Mais les vieux démons sont toujours là : “Adore ce que tu as brûlé et brûle ce que tu as adoré". Vous remarquerez que je n'utilise que la seconde partie de l'injonction de Rémi : il n'est pas dans la nature profonde du Français de baisser humblement la tête, surtout lorsqu'il se contredit !

Pourquoi ce rappel du passé ? Parce que cette phrase nous l’avons apprise. Elle s’est insinuée en nous. Insidieusement, elle a conditionné notre comportement.
Soyons franc (ce qui, évoquant Clovis, est le moins que l’on puisse faire), je doute fort qu’un élève, un collégien voire un lycéen d'aujourd'hui connaisse cet épisode de notre histoire, mais, en plus de quinze siècles, le mal a eu le temps de se répandre. Il est là, solidement ancré dans notre inconscient collectif ! Le Français est versatile, changeant… ce qu'il a honni hier, il l'encensera demain.

Seul le fou ne change pas d'avis, je le sais bien, mais avouons qu'il y a des limites quand même !

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