30/12/2009
Vous avez dit désengagement de l'Etat ?
Lorsque l’on se penche sur la gestion des régions, un premier constat s’impose : la fiscalité locale a explosé. Quoi de plus normal, la décentralisation est passée par là, des compétences ont été transférées aux régions, mais l’Etat n’a pas compensé ces transferts et les régions ont donc été obligées d’augmenter leurs impôts pour pallier pour pouvoir assumer leurs nouvelles charges. C’est du moins l’argument des exécutifs régionaux. C’est simple et logique, non ?
Pas tant que cela. Prenons quelques exemples…
Soyons naïfs et acceptons cet argument, pour la Bretagne, par exemple. En effectuant le calcul selon les propres critères de la région, “l’ardoise“ laissée à la région par l’Etat, serait de 4,2 millions. Même si cela était vrai, je n’arrive pas à comprendre pourquoi plus de 200 millions supplémentaires ont été prélevés sur les contribuables bretons depuis 2005 !
Le Président du Conseil régional d’Auvergne, utilise les mêmes arguments (pallier “le désengagement de l’Etat“ et “faire face au coût de la décentralisation“) pour justifier une augmentation de près de 140 millions pour les taxes locales et 28 millions pour la TIPP, soit près de 168 millions d’euros supplémentaires prélevés sur les ménages et les entreprises auvergnats. Là encore, la réalité le contredit. Mieux, elle pose une question embarrassante : l’exécution des comptes montre que le coût des nouvelles compétences (charges induites comprises) s’est élevé à 72,2 millions d’euros tandis que, sur la même période, l’Etat a transféré à la Région 74,6 millions d’euros… soit 2,4 millions de plus que les dépenses réellement constatées ! D’où cette question : comment expliquer aux Auvergnats qu’on leur ponctionne 168 millions d’euros pour compenser le manque de transferts de l’Etat, alors que ces mêmes transferts dégagent un excédant de 2,4 millions ?
Pour la région Centre, la majorité socialiste estime le coût maximal des transferts à 71 millions, elle compense donc en prélevant… 339 millions de recettes fiscales supplémentaires !
Dernier exemple du “désengagement“ de l’Etat, le Limousin. Et ce cas est particulièrement choquant, puisqu’il touche à l’apprentissage. En 2008, alors que la région se voit verser 23 538 028 €, elle ne dépense que 22 301 114 €. Bonus pour la Région : 1 236 914 € ! Et ce n’est pas tout. Dans ce budget, il a été décidé de réduire la part réservée aux indemnités aux maîtres d’apprentissage, de 500 000 € en 2009. Par souci d’économie ? Pas vraiment. En 2008, la Région avait certes dépensé 6 942 856 €, mais la dotation reçue était de 7 930 429 € ! Etonnant, non ? Pas pour Ségolène Royal qui fait la même chose dans sa région : la région Poitou-Charentes perçoit 97 millions d’euros de l’Etat pour la formation professionnelle, mais n’en dépense que 88.
Et ce ne sont que quelques exemples de cette vaste imposture qu’entretiennent les présidents de conseils régionaux pour tenter de masquer la déroute complète de leur politique.
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11/11/2009
Primaires régionales et communication
Lors d’une récente réunion, certains des participants s’étonnaient du faible taux de participation aux primaires régionales ainsi que du nombre de votes blancs.
Autant le dire d’emblée, je ne fais pas partie de ces étonnés !
Et j’irais même plus : je réfute le terme de primaires.
Je suis très attaché au fonctionnement démocratique de notre mouvement et à une totale transparence. Ne voir qu’un candidat se déclarer pour prendre la tête de liste aux prochaines élections régionales me pose un sérieux problème. Certains y voient un signe fort de notre unité. Soit. Pour ma part, je ne peux réprimer mon scepticisme : n’y aurait-il pas eu quelques tractations pour aboutir à cette “unité“ ?
Avec un seul candidat proposé aux suffrages des adhérents, on ne peut plus parler de primaires, mais, au mieux, de ratification d’un choix effectué par d’autres.
Comment s’étonner alors du peu d’empressement des militants à voter ?
Les résultats parlent d’eux-mêmes :
Inscrits : 3 944
Votants : 1 586 (soit 40,21% des inscrits)
Philippe Richert : 1 345 (84, 80% des votants, 34,10% des inscrits)
Blancs : 241 (15,20% des votants, 6,11% des inscrits)
En ce qui me concerne, ce candidat me pose un réel problème. Je suis attaché à une stricte limitation du cumul des mandats et j’attendais une déclaration de sa part annonçant sa démission de son mandat de sénateur en cas de victoire. Tel ne semble pas être le cas et, pour moi, cette condition est essentielle, d’où mon problème. Attendons la suite.
Je peux comprendre la volonté de ne présenter qu’un seul candidat : les médias se seraient fait une joie d’évoquer une lutte fratricide, des dissensions internes, des rivalités… là où il n’y aurait eu qu’un débat démocratique des plus normaux et des plus sains. Dans le contexte actuel, cela aurait fait pour le moins désordre. Mais à qui la faute ?
Notre communication actuelle est calamiteuse ! N’importe quelle entreprise soumise aux problèmes que nous traversons actuellement aurait mis en place une communication de crise.
Par problèmes, j’entends le pilonnage en règle (et à l’artillerie lourde) que nous subissons ces temps-ci. Il n’y a pas une seule de ces attaques qui ne pourrait être facilement contrée. Mais, au lieu de riposter de manière efficace, nous préférons faire le dos rond ou, au mieux, tenter une ridicule petite réplique, à peine une excuse. Or nous n’avons pas à nous excuser : les temps ont changé, les fleurets ne sont plus mouchetés ! Aujourd’hui, nous sommes passés à un tout autre système : tu sors ta fronde, j’arme mon bazooka !
C’est brutal, voire stupide, mais c’est malheureusement la seule manière de répondre à ceux qui, faute de vrais arguments, utilisent la rumeur et la calomnie. Des armes de lâches, certes, mais redoutablement efficaces.
Il est donc urgent de mettre en place une vraie communication interne afin de donner à tous nos adhérents les moyens de répondre à ces attaques. Car c’est là le vrai problème, nos propres troupes sont déstabilisées. Ceux-là mêmes qui devraient être en première ligne se trouvent désarmés. A nous de leur fierté et leur enthousiasme. L’exemple doit venir d’en haut !
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09/10/2009
Le Prix Nobel décrédibilisé
Nous vivons quand même dans un monde bizarre (ça c’est pour rester poli, j’aurais plutôt tendance à dire un monde de cons) ! Depuis quelques années déjà, l’attribution du Prix Nobel de la Paix me laissait pour le moins perplexe, mais là… les bras m’en tombent ! Pour rester mesuré, disons que c’est un grand n’importe quoi !
Quelle guerre Barak Obama a-t-il arrêtée ? Quels peuples ennemis a-t-il réconciliés ? Qu’a-t-il fait de plus que son “travail“ de chef d’état démocratiquement élu et responsable ?
Le comité Nobel, qui n’était déjà plus très crédible, c’est définitivement discrédité !
Son rôle n’est-il pas plutôt de mettre en avant celles et ceux qui œuvrent réellement pour la paix, concrètement, sur le terrain ? Parfois même (souvent) au péril de leur propre vie ?
N’est-ce pas à ceux-là que devrait revenir ce prix pour les aider, financièrement mais surtout médiatiquement, à faire avancer leur cause ?
Pour mémoire, le comité chargé d’attribuer le Prix Nobel de la Paix est danois (les autres comités sont suédois). Il est politique : ces membres sont désignés par le Parlement suédois. Actuellement, il est présidé par Thorbjørn Jagland (Président du Parlement, ancien Premier Ministre et ministre des Affaires Etrangères) et se compose de Kaci Kullmann Five (députée, membre du Høyre, l’ancien parti populaire conservateur), Sissel Marie Rønbeck (ancienne députée et ministre, membre du Parti du Travail), Inger-Marie Ytterhorn (députée, membre du Fremskrittpartiet, droite ultra-libérale) et Agot Valle (députée, Parti Socialiste de Gauche).
Le politiquement correct m’emmerdait déjà, mais là nous avons franchi un pas, que dis-je un pas… un bond ! Manque de réflexion (pour le moins), manque de courage (sûrement, car à part quelques pays dont tout le monde se fiche, qui va protester ?), manque de couilles (oui, je l’ai dit et cela n’a rien à voir avec l’écrasante majorité féminine du comité) !
Il est clair que soutenir une personnalité ou une organisation réellement impliquée dans sa lutte obligeait les membres du comité à prendre une décision beaucoup plus controversée : celle-ci le sera, mais seulement par de simples citoyens sans importance. Alors qu’un vrai choix aurait entraîné des réactions de puissantes organisations internationales ou d’états.
Ces honorables membres auraient-ils peur de se mouiller ? (je n’irais quand même pas juste à affirmer qu’ils ne sont plus tout à fait étanches…).
Certains m’objecteront que, militant pour l’attribution du Prix Nobel à Daniel Barenboim, je ne suis peut-être pas totalement objectif. Franchement, cela n’a rien à voir. Il n’y a pas de compétition de ce domaine : pour un cas que je soutiens parce que je le connais, combien d’autres me sont inconnus mais au moins aussi dignes d’intérêt ? Ce n’est pas parce que nous soutenons une cause que nous ne pouvons nous réjouir d’en voir une autre (tout aussi estimable) reconnue. Ce qui m’exaspère ici, c’est que je n’en vois aucune, de cause.
Juste un cirage de pompe.
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