11/04/2008

On prend les paris ?

Je m’avance peut-être, mais je doute fortement que le communiqué qui a été envoyé aujourd’hui par le service de presse du Conseil de l'Europe trouve un écho, même léger, auprès des grands médias.

Ce communiqué, le voici :
“Ivan Gasparovic, Angela Merkel et Ioulia Timochenko s’adresseront à l’APCE à la session de printemps
14-18 avril, Strasbourg – Le Président slovaque, Ivan Gasparovic, la Chancelière allemande, Angela Merkel, le Premier ministre ukrainien, Ioulia Timochenko et le ministre français des Affaires étrangères, Bernard Kouchner figurent parmi les personnalités qui s’adresseront à l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe (APCE) au cours de sa session de printemps à Strasbourg. Parmi les thèmes qui seront débattus figurent l’accès à un avortement sans risque et légal en Europe, les communautés musulmanes face à l’extrémisme, le suicide des enfants et des adolescents en Europe, ainsi que l’enseignement des littératures européennes, avec l’intervention de l’écrivain franco-libanais Amin Maalouf.“
Trois chefs d’état ou de gouvernement face aux membres du Conseil de l'Europe… Cela peut-il intéressé quelqu’un ?
Est-il nécessaire de rappeler, une fois de plus, qu’après l’échec du référendum, les médias avaient fait leur mea culpa et promis que désormais, ils accorderaient plus de place à l’Europe dans leurs colonnes ? Bien sûr, le Conseil de l'Europe n'est pas le Parlement Européen… Mais combien de français connaissent l'existence de cette institution ?

Strasbourg est LE siège du Parlement Européen. La France, en dehors de quelques grandes déclarations de principe, semble avoir renoncé à défendre cet acquis. Parlement, Européen, Conseil de l'Europe, Cour Européenne des Droits de l'Homme, le rôle de Strasbourg est capital.

Cette autre information passera-t-elle également inaperçue : “17/04, à 13h15, Strasbourg – Bernard Kouchner, ministre français des Affaires étrangères, inaugurera officiellement le nouveau bâtiment du Conseil de l’Europe en dévoilant une plaque sur la façade du bâtiment portant le nom "L'Agora".  Le Président des Délégués des Ministres Emil Kuchár, Représentant Permanent de la Slovaquie, le Président de l'Assemblée parlementaire Luis Maria de Puig et le Secrétaire Général Terry Davis participeront à l'événement.“ ?

Le 9 mai est “officiellement“ le jour de la Fête de l’Europe…
Sans commentaire !

07/04/2008

Etonnante administration

On nous parle de non-renouvellement de fonctionnaires partant à la retraite : rien d’étonnant, la mesure avait été annoncée lors de la campagne électorale, elle était attendue. Elle est certainement nécessaire.

Ce qui me pose problème, c’est lorsque ces non-remplacements sont assimilés à des suppressions de postes. A première vue, cela pourrait sembler logique : un fonctionnaire occupe un poste, s’il n’est pas remplacé, ce poste disparaît. Sauf que… Cette logique ne s’applique pas à la fonction publique !
Prenons le cas de l’Education Nationale : 11 000 enseignants correspondent-ils à autant de postes ? Pas si l’on se reporte à un rapport de la Cour des Comptes de 2005 qui avait fait état de 32 000 enseignants n’exerçant aucune activité pédagogique. Selon ce même rapport, le coût de ces enseignants était de 1,5 milliard d’euros.
Des enseignants sans élèves d’un côté, des classes surchargées de l’autre…
Ne serait-il pas grand temps de remettre un peu d’ordre dans cette administration en remettant chaque enseignant à sa vraie place, devant des élèves !

21/03/2008

Et maintenant ?

Finalement, tout le monde paraît plutôt satisfait du résultat des élections : François Hollande semble avoir gagné son pari d’une part et la défaite n’est pas si terrible que certains médias semblent vouloir le dire.

Il y a même quelques situations assez intéressantes, comme à Colmar où, pour la première fois, le conseil municipal est entièrement à droite, les partis de gauche n’ayant pas été en mesure de se maintenir au second tour qui voyait s’opposer une liste UMP-MoDem et une liste UMP dissidente !

Des villes ont été perdues, mais personne n’a relevé un point qui me semble important : la plupart de ces villes (Strasbourg, Toulouse, Amiens…) était des villes de traditions centristes. Des villes tenues depuis longtemps par l’UDF (et ses alliés de l’époque). Il semblerait donc qu’en faisant le choix de basculer dans un camp, ces villes accréditent la thèse d’une bipolarisation de la vie politique au détriment de cette vieille idée, remise au goût du jour par François Bayrou, de la troisième voie. Tout cela est assez logique et bien dans l’esprit français : garder une possibilité de recours pour manifester sa mauvaise humeur !
Fallait-il tenir compte de ces élections pour infléchir la politique gouvernementale ?
Certainement pas ! Que cela nous plaise ou non, il faut accepter la règle démocratique : le Président a été élu sur un programme applicable en cinq ans, les municipalités ont six ans pour mettre le leur en œuvre. Ce n’est qu’au bout de ce délai qu’il sera possible d’en évaluer la portée. Et surtout, on ne trahit pas ses électeurs en changeant de trajectoire en cours de mandat.
J’irais même plus, je souhaiterais que soient définis une fois pour toute le nombre et les attributions des ministères, que l’on arrête de créer des secrétariats d’états “d’opportunité“.
Quelqu’un a-t-il songé à chiffrer le coût de tous ces changements ?

Qu’un ministre fasse partie du conseil municipal de sa ville, soit. Qu’il en soit le maire, non !
Je ne crois pas davantage au cumul député (ou sénateur) – maire : l’argument consistant à expliquer que cela permet de rester en contact avec le terrain n’est pas recevable à mes yeux. Au contraire : exercer pleinement son mandat en étant présent en séance, aux travaux des commissions, satisfaire aux obligations locales et tenir de véritables permanences dans sa circonscription me semble de nature à occuper plus que largement son emploi du temps. Encore faudrait-il que les députés tiennent régulièrement des permanences dans différentes villes de leur circonscription, qu’ils organisent des réunions d’information régulières… Est-ce le cas chez vous ? Ici la circonscription est relativement petite : je n’ai pas souvenir d’une seule réunion ou permanence organisée dans ma commune par notre député…
De même, je considère qu’une présidence de Conseil Général ou Régional est une occupation à plein temps.
Je sais bien que les résistances sont fortes, mais il va bien falloir y arriver un jour !