25/02/2008
Le retour
Un long silence dû à des occupations (professionnelles) prenantes. Et surtout… pas grand chose à dire. Car finalement, il ne se passe pas grand chose. Du moins pas grand chose d’étonnant ou d’imprévisible.
Un président qui baisse dans les sondages ? Quoi de plus normal… Les Français, comme toujours, sont impatients. Pourtant tout le monde devrait savoir, qu’entre le moment où une décision est prise et celui où ses premiers effets se font sentir, il s’écoule entre 8 et 12 mois au minimum. J’avais annoncé une baisse de popularité avec un plancher de 33-34% de satisfaits vers la mi-mars : nous n’en sommes pas loin !
Les municipales ? Rien d’extraordinaire là non plus. On le sait, le cas s’est produit plusieurs fois : des élections locales suivant de près des élections nationales marquent souvent un coup de barre en sens inverse. En d’autres termes, c’est la gauche qui devrait en bénéficier cette fois-ci. Quelques grandes villes seront perdues, sans grande surprise. Certains tentent de surmédiatiser les “profondes divisions“ qui ont entraîné l’apparition de listes dissidentes : au total, elles sont moins nombreuses que lors des municipales précédentes, malgré la volonté (non assumée) de quelques personnalités, officiellement membres de la majorité présidentielle, qui ne verraient pas d’un mauvais œil une défaite de cette majorité : ils nous font un mauvais remake de la présidentielle de 81 !
Ce qui m’a amené à rompre ce silence, la goutte d’eau qui a fait déborder le vase, est cette nouvelle polémique, très largement entretenue par tous les médias, déclenchée par l’altercation du Président de la République avec un “visiteur“ du Salon de l’agriculture.
Ce matin (et ce soir encore), on nous annonçait que le président avait insulté une personne qui avait refusé de lui serrer la main. Une vidéo, dont (dans un premier temps) on disait quelle avait été réalisée par un amateur, circulait sur le web après avoir été mise en ligne sur le site du Parisien. Vu comme ça, évidemment…
Sauf que…
La rumeur a commencé à circuler ce matin dans les rédactions : et si cet incident avait été monté de toutes pièces ? Plusieurs sources semblent confirmer cette thèse. D’abord, plus question d’amateur : c’est bel et bien un journaliste qui est l’auteur des images, images vendues (un bon prix) au Parisien. Il est également avéré que ce n’est pas le refus de lui serrer la main qui a provoqué cette réaction un peu vive, mais une insulte. Selon les témoins, celui qui a lancé cette insulte avait tout fait pour se rapprocher du président : étrange pour quelqu’un qui ne voulait pas être “sali“ à son contact. D’autant plus étrange quand l’on sait combien il est difficile d’y arriver. Fallait vraiment vouloir ! Le coup monté ne semble faire aucun doute pour bon nombre d’observateurs. Un scoop monnayable, l’assurance d’une audience record sur le site du quotidien… Aujourd’hui ces raisons sont largement suffisantes pour justifier aux yeux de certains de telles dérives.
Et il est tellement plus simple de mettre en avant cet incident pour passer sous silence un accueil chaleureux et un discours important. Mais reconnaissons que cela est nettement moins vendeur !
19:27 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
12/12/2007
Petites reflexions
Je suis riche !
Je l’ignorais, mais comme on ne cesse de me le répéter, je vais finir par y croire.
Car, je suis l’un des heureux bénéficiaires du “paquet fiscal“, donc à en croire ce que l’on entend un peu partout, je fais partie des privilégiés.
En clair, je bénéficie de la mesure sur les heures supplémentaires. Et comme celles-ci représentent la plus grosse part de ce fameux “paquet“, la démonstration est faite !
Attention à vous : si vous avez pris la décision d’acheter votre résidence principale, vous aussi vous entrerez dans ce club tant décrié.
Le plus étonnant est de ne jamais entendre ou lire dans les médias (ou très rarement) en quoi consiste exactement ces mesures. J’ai même entendu, il y a quelques jours, une auditrice parler du cadeau fait à ceux qui payent l’impôt sur la fortune : elle y croyait dur comme fer et, bien entendu, le journaliste qui l’interrogeait c’est bien gardé de lui faire remarquer son erreur.
Face aux médias, j’hésite sur l’attitude à adopter : m’indigner devant un évident manque de volonté d’exposer objectivement les faits ou sourire devant les accusations de connivence avec le pouvoir ! Ceux qui mettent en avant la supposée main mise sur la presse ne semblent en fait que regretter de l’avoir perdue. Ont-ils oublié les années noires mitterrandiennes ? La chasse aux sorcières (assumée et revendiquée, souvenez-vous des déclarations de Paul Quilès) des années 80 ?
Pour ma part, il y a bien longtemps que j’ai fait une croix sur les médias français pour obtenir de vraies informations. Cela demande un effort que peu sont prêts à fournir… Dommage !
19:05 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
02/12/2007
Le MouDé
Bayrou… Je ne sais pas pourquoi, mais chaque fois que je le vois résonne en moi cette petite chanson immortalisée par Fernandel : “On m’appelle Simplet, l’innocent du village…“.
Alors que tout le petit monde politique semble avoir enfin compris que les Français souhaitent voir les choses changer, qu’il est devenu impératif de rompre avec les vieilles habitudes, lui, François Bayrou, reste fidèle aux vieilles traditions : il crée un parti centriste.
Vielle tradition, en effet, car la création d’un parti centriste est le monstre du Loch Ness de la politique française : ça revient périodiquement, ça disparaît et si, dans le fond, personne ne croit vraiment en son existence, le doute subsiste.
Une constante, tous ces partis qui se sont succédés ont toujours répondu aux mêmes critères : ils se voulaient être la troisième voie (ni de gauche, ni de droite), celle que les Français attendaient depuis longtemps.
Petit retour en arrière.
En 1942 est fondé le Parti Démocrate Populaire
En 1947, successeur du PDP, le Mouvement Républicain Populaire se veut être le grand parti du centre dépassant le clivage gauche-droite. Il cesse d’exister en 1967 après avoir connu deux dissidences : en 1958 avec la création de Démocratie Chrétienne et en 1966 lorsque Jean Lecanuet crée le Centre Démocrate.
En 1976, le Centre Démocrate et Centre Démocratie et Progrès fusionnent pour former le CDS, Centre des Démocrates Sociaux. L’idée est alors de construire un grand parti du centre.
1978 : le CDS devient l’une des composantes de l’UDF (la deuxième en nombre d’élus et d’adhérents derrière le Parti Républicain). La volonté de Giscard d’Estaing est de créer un grand parti du centre.
1988 : tout en restant membre de l’UDF, le CDS crée son propre groupe parlementaire, l’Union du Centre.
1995 : le CDS fusionne avec le Parti Social Démocrate pour devenir Force Démocrate. C’est déjà Bayrou qui est à la manœuvre avec cette idée originale : construire un grand parti du centre. Pas franchement une réussite : de Force, il n’aura que le nom !
Lorsque la principale composante de l’UDF, le PR, devient Démocratie Libérale et la quitte, Force Démocrate se confond avec l’UDF.
En 2002, une grande partie des élus de l’UDF et de ses militants choisissent de rejoindre le nouveau parti qui se crée alors, l’UMP.
En 2007, la majorité des élus de l’UDF fait le choix de la fidélité à ses alliances et soutient Nicolas Sarkozy. Le Nouveau Centre voit le jour.
La frange dissidente, regroupée autour de François Bayrou, décide l’intégration de ce qui reste de feu l’UDF dans le Mouvement Démocrate qui se présente dès lors comme le nouveau grand parti du centre.
Ceci ne va pas sans poser un réel problème matériel : François Bayrou s’étant présenté sous les couleurs de l’UDF et ce parti s’étant fondu dans le Mouvement Démocrate, c’est ce dernier qui bénéficie du financement public alors que le Nouveau Centre, représentant près de 80% de l’ex-UDF et resté fidèle à son esprit, en est écarté.
Comme on le voit, la création d’un grand parti du centre dépassant le clivage gauche-droite est une grande idée neuve ! Et toujours efficace !
Ceci étant, tout s’explique par les origines de François Bayrou : béarnais, auteur d’une biographie de Henri IV, il se sent l’héritier du Vert Galant.
Si pour ce dernier Paris valait bien une messe, reniant sa religion pour accéder au trône, Bayrou n’hésite pas à renier ses alliances en lorgnant vers le pouvoir.
Il a son Ravaillac aussi : Jean-Marie Cavada. Du moins dans son esprit, car lui doit considérer comme une trahison ce qui n’est, somme toute, qu’une prise de conscience. Gageons que Cavada ne sera que le premier à revenir à la raison.
Au “Ralliez-vous à mon panache blanc“ répond un “Ralliez-vous à mon panache de fumée“ et encore, un panache de fumée est quelque chose de visible ce qui est loin d’être le cas du programme du MoDem.
Et là nous touchons un autre point qui me chagrine énormément. MoDem… Cela ne veut rien dire, ne correspond à rien. Soit on adopte le sigle MD, soit on opte pour les premières syllabes MouDé… mais MoDem ne correspond à rien !
Si encore, il avait songé à ajouter Républicain à son nom, on aurait pu en faire le MDR. Ça c’est parlant, tous les internautes auraient compris : MDR, mort de rire… Plus compréhensible et tellement plus juste !
15:00 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Bayrou, modem, MoDem, centre, mouvement, democrate, parti

