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  • Basses manoeuvres électorales

    Malgré un optimisme de façade, certains (à gauche) ne se privent pas d’exprimer leurs inquiétudes en privé. Leur crainte ? Une nouvelle désaffection de leur électorat et un second tour Sarkozy - Le Pen. Certes, les sondages devraient les réconforter, mais il n’en est rien : si, au second tour, leur candidat a de très fortes chances de vaincre, ils doutent de sa capacité à passer le premier !
    Et les rumeurs vont bon train. Tout comme les calculs électoraux, car il est devenu évident pour beaucoup que le véritable enjeu est ailleurs : l’élection importante sera la suivante. Ce sont bel et bien les élections législatives qui seront décisives, quelque soit le résultat de la présidentielle.

    Alors des analystes ont envisagé tous les cas de figure possibles au second tour en prenant les quatre candidats pouvant, plus ou moins raisonnablement, passer le cap du premier :
    Sarkozy - Hollande : Hollande est le favori des sondages, mais certains craignent un revirement en cours de campagne, notamment en cas de face-à-face d’entre tours.
    Hollande - Le Pen ou Sarkozy - Le Pen : aucun doute sur le résultat, dans un cas comme dans l’autre, même à contre-coeur, le réflexe républicain devrait jouer.
    Reste le cas Bayrou : s’il devait être présent au second tour, il devrait l’emporter dans tous les cas de figures ! Face à François Hollande, il pourrait compter sur les voix de droite, mais également sur celles de ceux (à gauche) qui ne veulent pas de Hollande. Face à Nicolas Sarkozy, il cristalliserait toutes les voix des anti-sarkozystes de droite comme de gauche et face à Marine Le Pen, la question ne se pose même pas.
    Et si le candidat “de recours“ était alors Bayrou ?

    C’est là que l’on peut parler de basses manoeuvres électorales. Le calcul peut sembler risqué, mais il ne l’est pas tant que cela dans le fond : un duel Bayrou - Sarkozy tournerait, presque à coup sûr, en faveur du premier, mais, dans le même temps, la gauche “traumatisée“ par son échec se mobiliserait et remporterait les législatives. Elle serait alors en mesure de gouverner et, François Hollande étant de fait hors jeu, c’est à Martine Aubry qu’il reviendrait de former le gouvernement.

    Ce scénario n’est pas totalement absurde, il se fonde sur un précédent, celui de 1981. Rappelez-vous : Valéry Giscard d’Estaing était sûr de remporter l’élection, les sondages les plus fiables le confirmaient.
    Ce que tout le monde ignorait alors c’étaient les manoeuvres, menées de main de maître par Philippe Seguin, qui allaient bouleverser le scrutin et permettre à François Mitterrand d’être élu. Dans l’euphorie de cette victoire inattendue (et inespérée) la gauche allait remporter les législatives provoquées par la dissolution de l’Assemblée, mais les suivantes, en 1986, seront un véritable raz-de-marée de droite qui portera Jacques Chirac à la tête du gouvernement.

    Le coup de poker avait alors été payant, là il ne serait même pas nécessaire d’attendre.
    Et l’intérêt de la France dans tout cela ?
    Mais est-ce vraiment important ? L’essentiel n’est-il pas d’arriver au pouvoir ? C’est du moins l’avis des auteurs de ce scénario !

    Reste à le mettre en oeuvre, et ça, c’est une autre paire de manche… En 1981, le coup avait réussi car le secret avait été bien conservé jusqu’à la veille du second tour, au moment où avait été données les consignes de vote. Et il n’y avait pas internet ! Le cas est bien différent aujourd’hui, puisque la rumeur se répand déjà. Et le stratagème, éventé, pourrait produire un effet inattendu.

  • Triple A suite : taux… en baisse !

    Je l’avais évoqué dans mon précédent article : la dégradation de la note française par une agence de notation sur trois n’a pas eu les conséquences catastrophiques que certains se plaisaient à annoncer. Airs graves et mines tragiques de circonstances étaient contredits par la petite lueur de jouissance gourmande qui brillait dans leur oeil. Attitude pour le moins déplacée pour ceux qui aspirent à prendre les rênes du pays.
    Et hier, premier test : l’Agence France Trésor mettait sur le marché 8,59 milliards d’euros de bons du Trésor. Comme on pouvait s’y attendre, non seulement les taux n’ont pas flambé mais ils sont même en léger recul par rapport à la dernière mise sur le marché du 9 janvier :
    - Les bons à 12 semaines ont été adjugés au taux moyen pondéré de 0,165% contre 0,166%
    - ceux à 25 semaines à 0,281% contre 0,286%
    - et ceux à 51 semaines à 0,406% contre 0,454%.

    Restons néanmoins prudent et attendons de voir ce que donnera le prochain appel au marché, jeudi, pour les bons à long terme afin de vérifier cette tendance.