24/11/2005

Bayrou ou le niveau 0 de la politique

Bien qu’on le voit assez souvent dans les medias, n’est-il pas étrangement absent du vrai débat, en ce moment, le Béarnais ?
Non, pas Henri IV, mais celui qui, non seulement lui a consacré une biographie, mais qui semble vouloir le prendre pour modèle. Je veux bien sûr parler de François Bayrou.

Je n’avais jamais fait le lien entre l’auteur et le personnage. Ce n’est que tout récemment que j’ai pris conscience de ce mimétisme qui conduit François sur les traces d’Henri.
Soyons franc, je l’imaginais plus facilement en bonne du curé qu’en bon roi Henri.
J’imagine le regard interrogatif de certains : que vient faire la bonne du curé dans cette histoire ? C’est évident : j’voudrais bien, mais j’peux point ! Ce pourrait être sa devise. Ah, c’est sûr, il voudrait bien ! Il voudrait bien trouver sa place dans le débat politique, il voudrait bien devenir Président, il voudrait bien avoir des idées… Mais soyons francs, son discours éculé sur une troisième voie ne convainc plus personne, d’autres ont essayé avant lui. Vivent les idées neuves… héritées de la IIIème République !
Alors, faute de véritables idées, il fait siennes celles de son illustre modèle : ralliez-vous à mon panache blanc ! Je n’ai rien à vous proposer, mais suivez-moi : ralliez-vous à mon nuage de fumée ! Remarquez, l’avantage de cette “philosophie“ est de ne provoquer aucune déception chez ses partisans : n’ayant rien promis, personne ne pourra lui reprocher de ne pas tenir ses promesses !.
Et si, pour Henri IV, Paris valait bien une messe, pour François Bayrou l’Elysée vaut bien quelques compromissions. Les Français auraient-ils déjà oubliés son passage “marquant“ au ministère de l’éducation ? Assurément les syndicalistes, eux, en ont gardé un bon souvenir : même les ministres socialistes ne leur avaient jamais accordé une telle importance ; leur avaient cédé à ce point le pouvoir.
Ceci étant, ces derniers jours, il semble vouloir s’affirmer : avec courage, il fait voter ses troupes contre le budget ! J’insiste sur le courage, car, évidemment, il n’y avait aucun risque et que cela ne compromet en rien sa politique du “cul entre deux chaises“. Et combien de temps l’unité de façade de son groupuscule tiendra-t-elle encore ? Quand on connaît les vives tensions qui divisent profondément l’UDF, on peut légitimement penser que son éclatement est proche. Evidemment, les medias en parlent moins que des divisions internes du Parti Socialiste ou de l’UMP. Pourtant, déjà au moment du référendum, on avait pu voir un responsable local UDF “bayroutiste“ ne pas assister à une réunion présidée par un ministre UDF proche de l’UMP pour se rendre à un meeting UMP ! Ce n’était même plus le “cul entre deux chaises“, c’était le grand écart facial sans appui !
Tout cela serait risible si les enjeux n’étaient pas aussi importants. Mais qu’y a-t-il de plus important pour François Bayrou que la magistrature suprême ?

17/11/2005

Restons vigilants !

La situation s’est apparemment calmée, en fait elle n’est plus à la une les médias. Alors, ressortent du bois les chantres de l’immobilisme, les partisans du laisser faire, en clair tous ceux qui, des années durant, n'ont su faire que des effets de manche, des annonces fracassantes non suivies d’effets, des demis mesurettes…

Et quel est leur nouveau cheval de bataille ? L’état d’urgence.Les voilà qui crient à l’arbitraire, qui réclament l’arrêt de cet état d’urgence… La bêtise humaine n’a-t-elle donc aucune limite ? A-t-on jamais vu les pompiers quitter les lieux d’un incendie sous prétexte qu’il est presque maîtrisé, alors que subsistent encore des flammèches ?
Ont-ils oubliés que nous entrerons d’ici quelques semaines dans la période la plus agitée de l’année, celle au cours de laquelle, chaque année, de nombreux véhicules sont brûlés ?
Parions qu’ils auraient été les premiers à s’indigner de la levée de l’état d’urgence le 1er Janvier, au lendemain d’un réveillon aussi chaud que les années précédentes.
Et que dire des déclarations d’un De Villiers, toujours prompt à réclamer la démission du Président de la République ? Ou encore d’un footballeur ou d’un ancien chanteur sur le retour qui rejettent la responsabilité des évènements sur le Ministre de l’Intérieur ?

Il faudra un jour que quelqu’un m’explique en quoi demander que les cités soient débarrassées des fauteurs de troubles est discriminatoire. L’amalgame n’est pas du fait du Ministre, mais il est soigneusement entretenu par ceux-là même qui se présentent comme les défenseurs des minorités !

L’information distillée par les grands médias nationaux est parcellaire, ce n’est pas une révélation. Il est extrêmement facile, quand on le souhaite, de se forger sa propre opinion : il suffit pour cela de lire dans leur intégralité les déclarations ou discours. Internet nous donne cette possibilité, sachons l’utiliser et nous en faire le relais.

08/11/2005

La guerre des nerfs

Depuis près d’une semaine, la plupart des hébergeurs de blogs subissent des ralentissements de trafic dus à un afflux de messages appelant à un rassemblement sous la tour Eiffel le 11 Novembre et une émeute sur les Champs Elysées le 12.
Les blogs, sont autant d’espaces de liberté, mais peut-on tolérer ces dérives ?
S’agit-il de véritables appels ou simplement de tentatives d’intoxication visant à faire monter la tension, à créer une psychose ?
Et même si ce n’était le cas que de quelques plaisantins imbéciles (nous serions alors dans le même cas que lors des fausses alertes à la bombe) cela ne pourrait-il pas en inciter certains à passer à l’acte ?
Ou ne serait-ce pas un moyen d’obliger les forces de l’ordre à se concentrer sur un point précis, les obligeants par là-même à de se désengager d’autres points chauds ?
Seul l’avenir nous le dira, mais reconnaissons que la tâche des forces de l’ordre n’est pas simple.

05/11/2005

Spectateur ou acteur ?

Contrairement à une idée largement répandue, les Français ont envie d’agir, de s’engager. Je ne peux évidemment pas me prononcer pour les autres, mais en ce qui concerne le mouvement auquel j’appartiens (et dont j’ai la possibilité de vérifier les chiffres) je ne peux que constater une très forte progression des adhésions. Il y a donc visiblement une volonté de nos concitoyens de ne plus simplement subir, mas d’agir.

Certains diront qu’ils ne souhaitent pas s’engager pour ne pas perdre leur liberté d’expression. Cette vision reflète une réelle méconnaissance du fonctionnement des grands partis politiques de quelque bord qu’ils soient (je parle de partis dignes de ce nom, pas de mouvements se situant aux extrêmes du monde politique).
Je suis engagé, pleinement, totalement, mais j’ai toujours gardé une totale liberté d’expression. Il n’y a là aucune incompatibilité, pour qu’il y ait débat, des opinions différentes doivent pouvoir se confronter. De ces débats se dégage une position commune : cela s’appelle la démocratie. Libre ensuite à chacun d’y adhérer ou non : un parti politique n’est pas une secte, chacun est libre de le quitter à tout moment s’il ne se sent plus en accord avec ses grandes orientations.

Le temps de militants godillots est bien terminé même si beaucoup le regrettent. Bien sûr, il était tellement plus facile de suivre des directives sans se poser de questions, de voter pour un candidat désigné simplement parce qu’il était choisi par une direction nationale.
Oui, ce temps est bien révolu. Aujourd’hui les militants, tous les militants, sont invités à prendre part au débat et cela fait grincer des dents les tenants d’une certaine orthodoxie. Les militants, tous les militants, sont appelés à élire leurs candidats et cela remet en cause les positions de certains caciques, candidats autoproclamés à vie !

Ces changements dérangent. Ils dérangent ceux qui voient ainsi leur échapper un pouvoir qu’ils avaient confisqué à leur profit, ils dérangent les médias qui ont beaucoup de mal à sortir de leurs schémas simplistes et pour lesquels le débat est forcément moins vendeur que les conflits de personnes. Du coup, les premiers montent au créneau à coup de petites phrases assassines (ou se voulant comme telles) et les seconds fouillent jusqu’au plus profond des poubelles pour trouver de quoi alimenter une pseudo “guerre des chefs“.

Alors, plutôt que se plaindre de la situation, tentons de la faire bouger. Nous en avons la possibilité et les moyens. Encore faut-il le vouloir !

Restaurer l'autorité de l'Etat

Je suis hors de moi ! Je viens de voir une interview de Jean-Louis Borloo  et j’ai été profondément choqué par l’acharnement imbécile d’une journaliste, visiblement dépassée par un débat auquel elle ne semblait rien comprendre, cherchant à tout prix à faire dire au ministre ce qu’elle avait envie d’entendre, à savoir qu’il y avait de profondes divergences au sein du gouvernement. Son agacement visible ne masquait en rien sa profonde incompétence et sa totale méconnaissance du sujet !

Ce qui me rend malade, c’est l’attitude de certains médias qui ne cherchent qu’à attribuer à une personne une crise dont ils connaissent certainement la réalité.
Quelle est-elle cette réalité ? Comment expliquer la crise actuelle ?

Par la suffisance des gouvernants qui, pendant plus de 20 ans, ont laissé faire, se gargarisant d’un soi-disant modèle d’intégration, modèle qui avait fonctionné en d’autres temps quand l’immigration était intra-européenne, mais totalement inefficace dans la situation actuelle. Peut-on parler d’intégration quand il n’y a pas de véritable politique d’immigration ? Quand il n’y a pas de véritable accueil, de prise en charge des immigrés ?
Bien sûr, il y a eu la médiatique création d’un ministère de la ville, confié au non moins médiatique Bernard Tapie. Et l’on a fait croire que les moyens allaient enfin être donnés. Saupoudrage et poudre aux yeux ! Oh bien sûr, des moyens financiers ont été débloqués, mais pour quels résultats ? Qui a songé à faire, ce que fait toute entreprise, c’est-à-dire vérifier l’efficacité de ces moyens ?
Certains reprochent aujourd’hui au gouvernement d’avoir supprimé la police de proximité. Les syndicats policiers eux-mêmes reconnaissent son inefficacité dans les zones réellement difficiles (dans lesquelles d’ailleurs, cette police se gardait bien d’entrer). Poudre aux yeux encore, elle ne faisait que donner un sentiment de sécurité illusoire aux habitants et permettait aux élus d’avoir le sentiment du devoir accompli. Emplâtre sur une jambe de bois !

Alors peut-on vraiment attribuer la responsabilité de l’explosion actuelle au Ministre de l’Intérieur ? Oui et non. Non, si l’on veut faire croire que ce sont ses propos qui ont déclenché ces émeutes, oui si l’on considère que c’est son initiative d’associer plus étroitement les services fiscaux à la lutte contre les réseaux criminels qui infestent ces quartiers.
Soyons clairs, il n’y a pas de hasard. Les G.I.R. avaient permis de mettre à mal un grand nombre de ces réseaux. Le fait d’utiliser, en amont, les informations des services fiscaux afin d’identifier ceux qui mènent grand train, alors qu’ils n’ont aucun revenu officiel, a provoqué un grand émoi chez certains. La méthode à fait ses preuves.
Alors en s’attaquant aux entreprises qui amènent l’emploi, donc l’espoir, dans ces quartiers, en s’en prenant aux transports qui assurent un lien avec l’extérieur, en créant une psychose destinée à installer la terreur, donc à empêcher les langues de se délier, ces organisations espèrent garder leur main mise sur ce qu’elles considèrent comme étant leur domaine.
Alliés objectifs de ces réseaux, les mouvements intégristes pour lesquels la misère sociale reste le terreau le plus favorable à leur agissement.
Alors certes, i y a eu des évènements déclencheurs (du moins en apparence), mais qui peut sérieusement croire à la spontanéité de toutes ces exactions ?
La période y était favorable, n’importe quel sociologue expliquera que, pour diverses raisons bien connues, nous sommes dans la période de l’année la plus propice à ce genre d’événement. Mais nous sommes dans une vraie logique de guérilla urbaine, ne voir que les jeunes, qui sont propulsés au premier plan par d’habiles manipulateurs, serait fortement réducteur.
C’est un vrai combat qu’il faut livrer aujourd’hui. L’enjeu est de taille. Il est impératif que l’autorité de l’Etat soit rapidement restauré. Alors, et alors seulement, une vraie politique de la ville pourra être menée.

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