26/10/2005
Sécurité liberticide ?
Pourquoi le projet de loi sur la sécurité déclenche-t-il tant de polémiques ?
Personnellement je ne me sens ni agressé, ni brimé. Je ne vois pas en quoi la vidéosurveillance limiterait ma liberté, ni dans quelle mesure le croisement de fichiers serait attentatoire à ma liberté.
Très honnêtement, je me moque totalement d’être filmé : après tout je n’ai rien à cacher et quand je me rends dans un lieu public, il y a, par définition, des témoins, alors un de plus, même par caméra interposée, quelle importance ?
Le croisement des fichiers ne me pose aucun problème, dans ce cas non plus je ne vois pas ce que j’aurais à cacher.
Quand, comme c’est mon cas, on a une vie publique, on est de toute façon en permanence observé. Alors, un peu plus ou un peu moins…
Je conseille vivement à tous ceux que ces mesures semblent inquiéter d’imaginer quelles seraient leurs réactions si un attentat devait se produire et si aucune mesure n’avait été prise.
Comment réagiraient-ils si, victimes d’une agression, leur agresseur était interpellé grâce à ces mesures ?
Et, en toute franchise, peuvent-ils sincèrement croire que leur petite personne est importante au point de monopoliser l’attention de ceux qui, derrière leur écran, voient défiler des milliers de personnes chaque jour ?
Une fois de plus, sachons relativiser et replacer les choses dans leur véritable contexte.
13:30 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Démocratie
21/10/2005
Les inconvénients de la division
L’état de déliquescence, pour ne pas dire de décomposition, de la gauche est-il vraiment un avantage pour l’UMP ?
Je crains que ce ne soit tout le contraire. En désaccord, tant sur le fond que sur la forme, les différents partis, mouvements, tendances et j’en passe qui constituent ce rassemblement hétéroclite n’auront guère le choix le moment venu ; soit ils se présenteront divisés perdant par là-même toute chance d’être présent au second tour, soit ils opteront pour une unité de façade derrière un leader de circonstance.
Dans de telles conditions, comment établir un programme de gouvernement cohérent ? Leur projet ne pourra se construire que sur le plus petit dénominateur commun : est-ce de cela dont la France aura besoin ?
Pour ne parler que du Parti Socialiste, les dissensions sont telles qu’il semble difficile aujourd’hui d’imaginer les voir se regrouper dans l’année qui vient pour travailler ensemble sur ce programme.
Certains objecteront qu’il y a des divisions à droite aussi. Affirmer le contraire serait absurde, mais ces divisions ne sont pas de mêmes natures. Qu’il y ait des rivalités de personnes, des oppositions de style n’aura échappé à personnes, mais au sein du parti majoritaire ces rivalités n’ont guère d’influence. Evacuons tout de suite le problème UDF, je suis même prêt à parier que ce mouvement implosera à l’approche des élections. Les divergences sont trop profondes et ce parti est aujourd’hui, de fait, scindé en deux.
Quant à l’UMP, si des responsables nationaux affichent leurs préférences pour tel ou tel, cela ne se ressent pas ou peu dans les instances locales. Si chacun exprime assez librement ses préférences, cela n’empêche personne de travailler avec les autres à la construction d’un projet commun. C’est là la grande différence avec ce qui peut se passer au Parti Socialiste. Et cela est du à la volonté du Président d’ouvrir largement le débat, sans tabous et sans a-priori. C’est ainsi que les opposants au traité Constitutionnel Européen ont pu s’exprimer librement, au sein du parti. Leur opinion, bien que largement minoritaire, a été respectée, il n’y a eu aucune exclusion. Permettre aux nouveaux adhérents d’intégrer rapidement les instances dirigeantes et d’être présents lors des prochaines échéances relève de la même volonté.
Bien que, vu de l’extérieur et en ne se fiant qu’à ce que peuvent rapporter les médias, cela peu paraître difficile à imaginer, l’UMP reste profondément unie au tour d’un certain nombre de valeurs. Les rivalités de personnes dont la presse nous rebat les oreilles n’affectent pas cette unité.
Alors si la gauche arrive à s’unir derrière son leader de circonstance et qu’elle remporte les élections, qui y gagnera ?
Personne !
Une fois de plus, les Français auront l’impression d’être floués. Les électeurs de droite, bien sûr, puisqu’ils auront perdu. Ceux de gauche ensuite, car comment une Assemblée Nationale et un gouvernement composé de bric et de brocs pourraient-ils répondre aux souhaits des uns sans mécontenter les autres ?
Une fois de plus, une telle situation provoquerait un rejet de la classe politique dans son ensemble et entraînerait la montée des extrêmes.
A croire que les leçons de 2001 ont déjà été oubliées !
22:05 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Politique
12/10/2005
Un projet pour la France
J’en ai assez de cette éternelle division de la société entre gauche et droite… ça n’a plus vraiment de sens aujourd’hui. Du moins dans cette logique héritée du 19ème siècle.
Il n’y a plus guère que Besancenot et Laguillier pour croire en une classe ouvrière pure et dure. S’il fallait vraiment établir un recensement par catégories sociales (telles que les conçoivent encore certains) je ne suis pas convaincu que les plus modestes soient de “gauche“ !
Posons le problème différemment. Depuis quelques semaines il y a eu un certain nombre d’élections partielles : si le rejet d’une soi-disant politique de “droite“ était aussi fort, l’UMP aurait-elle remportée la quasi-totalité de ces scrutins ? Et le parti socialiste y aurait-il laissé le tiers de ces électeurs ?
Que la situation soit difficile, nul ne le conteste, mais il faut arrêter d’en rajouter inutilement. La morosité ambiante est soigneusement entretenue : les enjeux sont clairs. Le regard rivé sur les échéances de 2007, et faute de projet politique cohérent, il est tellement plus facile pour ceux qui aspirent à jouer un rôle lors de ces élections d’alimenter le mécontentement.
Pourtant les choses bougent : jamais il n’y a eu autant d’adhésions spontanées hors période électorale. Lassés d’être passifs, les Français ont envie de participer à la vie politique, de s’impliquer activement. Il faut saisir cette opportunité, intégrer rapidement les nouveaux arrivants, leur donner accès aux postes clé. L’objectif est ambitieux, il est voulu et soutenu au plus haut niveau !
Alors donnons leur ce qu’ils attendent : un projet cohérent, solide, qui ne visent pas à attirer telle ou tell catégorie de Français, mais à rassembler ceux qui se reconnaissent ce projet.
Laissons le clientélisme à ceux qui n’ont rien de concret à proposer. Notre combat est ailleurs !
20:05 Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : Politique
10/10/2005
Réponse à un commentaire
Je maintiens ce que j’ai dit à propos des syndicats.
La défense de l’intérêt général ne me paraît pas être l’une de leurs priorités.
Je suis partisan de syndicats forts, tels qu’ils existent dans les pays nordiques entre autres, dans ce cas un vrai dialogue peut s’établir, mais reconnaissons que les syndicats français sont loin de ce modèle et surtout, ils ne représentent pas grand monde hors du secteur public !
Alors opposer syndicats et privilégiés me semble pour le moins exagérés : personnellement j’aurais plutôt tendance à considérer les leaders syndicaux comme des privilégiés !
Et encore une fois, je me remets pas en cause le droit de grève, mais j'estime qu'une grève doit être ciblée. Il est anormal qu'une petite partie de la population prenne en otage la grande majorité.
Alors, le droit de grève oui, mais pas au détriment du droit au travail !
Quant aux services publics, je ne peux que répéter ce que j’ai dit dans mon texte précédent, il me semble plus sensé de réfléchir au moyen de favoriser le développement de structures privées auxquelles serait donnée une délégation de service public.
Avec une fonction publique composée de 900 corps différents, imperméables entre eux, il n’est pas possible d’envisager (dans l’état actuel des choses) des regroupements.
Mais est-il totalement absurde d’envisager la possibilité de former un chômeur et de lui confier la responsabilité d’un certain nombre de tâches effectuées dans les bureaux de poste ? Il suffirait de mettre à sa disposition un bureau à la mairie, ce qui permettrait également d’y assurer une permanence. Des entreprises de ventes par correspondance pourraient y trouver leur compte n faisant de ces “points service public“ un lieu de dépôt de leur colis par exemple… Il y a certainement une voie à explorer de ce côté-là.
18:20 Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : Politique
Les incohérences de Fabius
Laurent Fabius a encore manqué une occasion de se taire.
Si l’idée d’augmenter fortement le SMIC peut paraître généreuse, le raisonnement ne tient pas la route. D’abord, une telle augmentation entraînerait inévitablement une hausse pyramidale de l’ensemble des rémunérations.
Tant mieux, diront certains, ainsi le pouvoir d’achat des Français augmentera et ainsi la consommation pourra être relancée. Du moins c’est ce qui pourrait ressortir d’une analyse primaire, car si l’on considère la stricte réalité économique, une augmentation des salaires, donc des charges qui s’y rattachent, devrait forcément être financée par les entreprises. Et comment celles-ci pourraient-elles assumer ces charges sans augmenter leurs coûts de production, donc leurs prix ?
La seule solution pour que cette augmentation puisse réellement servir à relancer la consommation serait donc une baisse des charges équivalente, afin de ne pas pénaliser les entreprises. Et qui dit baisse des charges, dit manque à gagner pour l’état. Ce manque serait-il compensé par la relance ? Là encore, on peut en douter : la morosité ambiante n’incite guère les Français à dépenser.
Une fois de plus, Laurent Fabius manifeste une totale incompétence dans le domaine économique. Etonnant pour un ancien ministre de l’économie !
Enfin, étonnant… Pas tant que cela : souvenons-nous de la fameuse “cagnotte“, une croissance supérieure aux prévisions avait généré des recettes plus importantes que prévues (en fait d’excédent, il s’agissait d’un déficit moins important qu’escompté). A cette époque déjà, Laurent Fabius avait détonné en demandant publiquement à quoi allait bien pouvoir servir ce soi-disant excédent ! Tous les experts économiques avaient été stupéfaits par cette interrogation : il semblait tellement évident à tout le monde que ces rentrées inattendues devaient servir à alléger la dette. A tout le monde ? Non, pas à Laurent Fabius.
Pour la petite histoire, voici ce qu’en disait à l’époque Alain Lipietz, membre de cette gauche plurielle à laquelle appartenait également Fabius :
“Fabius gère extrêmement mal la politique budgétaire. Alors qu’il aurait dû réduire plus rapidement le déficit quand la croissance était à 4 %, il a préféré redistribuer la “ cagnotte ” (qui n’était rien d’autre qu’une réduction du déficit anticipé !) sous forme de baisses d’impôts. C’était une erreur : il faut toujours se désendetter quand on le peut. De plus, les baisses d’impôt ont elles-mêmes été très mal gérées. Elles ont été concentrées sur les cadres supérieurs alors que les salariés pauvres avaient besoin d’augmenter leur pouvoir d’achat. L’ambition de la majorité plurielle est de réussir l’alliance entre les classes moyennes et les classes populaires. Cette stratégie, Fabius va la faire échouer en privilégiant surtout les intérêts des classes moyennes supérieures.“
Sans commentaire !
15:10 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Politique
09/10/2005
Modernes ? Les syndicalistes français ?
Je suis en profond désaccord avec notre Premier Ministre sur un point bien précis.
Lors de sa dernière intervention télévisée, il a évoqué le modernisme des syndicalistes français. Oups !
Nous ne devons pas vivre sur la même planète !
On peut qualifier d’un tas de manières différentes les responsables syndicaux français mais “moderne“ n’est pas le terme qui me viendrait spontanément à l’esprit.
J’ai déjà eu l’occasion d’évoquer ici l’émission consacrée par la chaîne Histoire à Edmond Maire. Le jugement de cet ancien dirigeant de la CFDT (secrétaire général de 1971 à 1988) est radicalement différent de celui du Premier Ministre : il juge ses collègues archaïques et déconnectés des réalités de l’entreprise !
Inutile de vous dire que je partage totalement cet avis.
Passons sur ceux, nombreux, issus de la fonction publiques ou d’entreprises publiques : ils parlent d’un univers qui leur est étranger !
Ceux qui viennent du secteur privé sont, pour la plupart, des professionnels du syndicalisme qui n’ont qu’une vision très approximative du fonctionnement d’une entreprise.
Et quant à la défense de service public, il y aurait beaucoup à dire. Le plus souvent cette soi-disant défense n’est qu’une réaction corporatiste visant à protéger les avantages d’un petit nombre au mépris total de l’intérêt général.
Quelle meilleure garantie peut-il y avoir pour un service de qualité que la concurrence ?
Une délégation de service publique, pouvant être retirée à tout moment si les missions assignées n’étaient pas remplies, n’est-elle pas une solution plus efficace que le maintien de structures publiques, souvent rigides ?
Enfin, un vrai service AU public, et de qualité, peut être initié par une entreprise privée. Je ne prendrais qu’un exemple, mais significatif. Une petite société, mais qui a su s’entourer de partenaires compétents, offre aujourd’hui aux petites communes la possibilité de se connecter à l’internet à haut débit et ceci pour un coût identique à celui pratiqué dans les zones urbaines par les grands opérateurs classiques ! Grands opérateurs, dont l’un a des missions de service public, qui ignorent totalement ce marché et préfèrent se concentrer sur les zones plus peuplées. Et pourtant, la continuité territoriale que l’on applique à la Corse devrait exister ici aussi : est-il normal que des zones entières soient ainsi délibérément mises à l’écart ?
Et là, bizarrement, je n’entends aucun syndicat s’élever contre cette discrimination.
Je reviendrais sur ce problème des connexions à haut débit, car là aussi il y aurait beaucoup à dire sur le manque de vision à long terme de certains responsables de collectivités locales.
Est-il utopique d’imaginer qu’un jour les syndicalistes français, à l’image de leurs collègues de TOUS les autres pays, soient de vrais partenaires de discussion ?
Est-il illusoire de penser qu’un jour ils arrêteront de prendre la France en otage pour satisfaire des intérêts particuliers ?
Qu’on ne s’y trompe pas, je ne remets pas en cause le droit de grève, je demande simplement que soit respecté le droit au travail.
22:35 Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : Politique

