28/09/2005

Grève à la SNCM

Les réactions démesurées que provoque la privatisation de la SNCM m’énervent prodigieusement. Autant  que la valse-hésitation du gouvernement.

Il faut savoir prendre ses responsabilités. Face à l’escalade orchestrée par les syndicats et mouvements régionalistes, une seule attitude s’imposait : le dépôt de bilan et la mise en liquidation pure et simple de l’entreprise. Ainsi le gouvernement aurait-il mis ceux qui ne souhaitent pas voir les choses évoluer face à leurs responsabilités : soit ils acceptaient une solution de sauvetage, soit ils prenaient le risque de voir disparaître la société. Un choix auquel de nombreux chefs d’entreprise sont confrontés chaque jour.

Pouvait-on continuer indéfiniment à soutenir une entreprise dont tout le monde reconnaît la mauvaise gestion et le sureffectif chronique ? Il arrive un moment où il faut savoir arrêter l’hémorragie !
Et j’aurais même poussé plus loin en demandant une enquête approfondie sur les méthodes de gestion et de recrutement. Il aurait été intéressant de voir à quoi servaient les subventions, de comprendre pourquoi le déficit doublait régulièrement…
Enfin, quand j’entends un responsable nationaliste dire que l’on brade le patrimoine corse, je ne peux que rappeler que, jusqu’à preuve du contraire c’est la collectivité nationale qui maintenait l’entreprise à flot. Et si les Corses y sont à ce point attachés, pourquoi les collectivités régionales n’ont-elles pas proposé de plan de reprise ?

L’Etat n’a pas vocation à gérer des entreprises du secteur concurrentiel. Le service public doit bénéficier aux usagers et non au confort de quelques syndicalistes qui n’ont qu’une vague idée du fonctionnement d’une entreprise. Une fois encore, je renvoie aux propos d’Edmond Maire sur la chaîne Histoire et au regard qu’il porte sur ses ex-collègues : édifiant !

Je l’ai déjà dit ailleurs, je le répète ici : une entreprise privée bénéficiant d’une délégation de service public est de loin la meilleure solution pour apporter un vrai service à nos concitoyens.

19/09/2005

A propos des primaires.

Lu dans la presse :
 Michèle Alliot-Marie a critiqué dimanche la décision de Nicolas Sarkozy d'organiser une primaire pour désigner le candidat de l'UMP à l'élection présidentielle de 2007, qui "ne correspond pas à la logique des institutions de la Ve République".
"Nous ne sommes pas dans un système communiste ou socialiste où le parti a vocation de représenter le peuple", a remarqué la ministre de la Défense lors du "Grand rendez-vous" sur Europe-1.
La "gaulliste" Michèle Alliot-Marie a expliqué que "les institutions de la Ve République, tout comme les principes du gaullisme, font que le président de la République, c'est quelqu'un qui représente tout le monde".
Dans cet esprit, elle a jugé "doublement fausse" l'idée de Nicolas Sarkozy de vouloir organiser un congrès en janvier 2007 pour faire désigner par les militants de l'UMP le candidat du parti à l'élection présidentielle.
"Cela ne correspond pas à la logique des institutions, ni même à la logique de l'UMP dans laquelle les gaullistes sont majoritaires", a-t-elle expliqué.
Michèle Alliot-Marie a en outre jugé "contreproductif" le concept de primaires. "Je vois depuis plusieurs années combien les Français n'ont pas envie que l'on décide pour eux. Ils n'ont pas envie que l'on préempte pour eux", a observé la ministre de la Défense, évoquant les élections de 2002 et le référendum du 29 mai dernier sur la Constitution européenne.


Je ne peux qu’être en désaccord avec ces propos.
Il me paraît pour le moins légitime qu’un grand parti soit représenté lors des élections présidentielles, or qui mieux que les adhérents de ce parti peut choisir son candidat ?
Peut-on vraiment, de nos jours attendre un homme providentiel, détaché de toute appartenance politique traditionnelle, qui à lui seul incarnerait l’avenir et l’espoir de tout un peuple ?
D’où tirerait-il la majorité qui devra mettre en œuvre son programme ?
Est-il concevable qu’après son élection, une génération spontanée de candidats aux législatives émerge soudain du néant et se rallie à son panache blanc ?
Cela me semble pour le moins irréaliste.

Enfin, l’interprétation des résultats des élections de 2007 ne semble tout aussi erronée. S’il est vrai qu’un certain rejet des partis traditionnels peut expliquer ce qui s’est produit au premier tour, n’oublions pas que c’est aussi les divisions qui ont produit ces résultats.
Que les Français n’aient pas envie “que l'on préempte pour eux“ peut se concevoir, mais à ce moment-là qu’ils arrêtent d’attendre passivement que les choses se fassent, qu’ils prennent leurs responsabilités, qu’ils s’engagent, ainsi ils auront la possibilité d’exprimer leur opinion.
Mais évidemment, cela tient du vœu pieux : il est tellement plus facile de critiquer après coup !
Ceci étant, l’avis ultra-majoritaire des militants que je côtoie régulièrement est en faveur de ces primaires.

Des personnalités marquantes

J’aime les réunions de la direction du Parti Socialiste.
Elles sont toujours une source de joie pour moi !
J’ai un peu de mal à comprendre comment, non seulement des personnalités si différentes (pour ne pas dire opposées) mais également des idées aussi divergentes peuvent cohabiter au sein d’un même mouvement :

Fabius, représentant de la haute bourgeoisie, dans son jeune temps parfait prototype du fils à papa, aujourd’hui symbole tout aussi parfait de l’opportunisme politique.
Arnaud Montebourg, le digne représentant de la gauche caviar dans toute sa splendeur.
François Hollande, le prince consort, qui me fait irrésistiblement penser (et ne me demandez pas pourquoi) à un héros de bande dessinée de mon enfance “le concombre masqué“. Peut-être à cause de son charisme, proche de celui d’une moule un lendemain de marée noire.
Jack Lang, autre spécimen de la gauche caviar, grand ouvreur de vannes dans le domaine financier : il adore distribuer des subventions et dépenser un argent qu’il n’a pas. Faussement populo, réellement démago.
Henri Emmanuelli, capable de débattre de n’importe quel sujet avec une véritable incompétence qui tient du génie. Respect devant tant de mauvaise foi assumée !
Dominique Strauss-Kahn, le chantre du libéralisme, qui ferait un excellent président de l’UDF.
Oh bien sûr, d’autres partis comptent des figures au moins aussi “marquantes“ comme la révérende mère Boutin ou le subtil Jean-Louis Debré pour lequel j’ai une tendresse toute particulière : à chacune de ses apparitions, je ne peux m’empêcher de siffloter une vieille chanson de Fernandel “On m’appelle Simplet, l’innocent du village…“.
Heureusement qu’ils sont là pour mettre un peu de joie dans la vie politique française !

12/09/2005

Mobilité des chômeurs

Thierry Breton propose d’inciter les chômeurs à se déplacer pour trouver un travail. L’idée est bonne en soi, mais comme souvent elle est quelque peu déconnectée de la réalité.

Que propose-t-il ? Un crédit d’impôt de 1 500 euros ou sa contrepartie pour les non imposables qui accepteraient de prendre un emploi à plus de 150 Km de leur lieu de résidence.
Soyons réalistes : entre le coût du déménagement et les cautions, cette somme peut être rapidement dépassée.
Et même, si elle suffisait à couvrir les frais, le problème n’est pas que financier : dans de nombreuses régions, il est difficile de trouver un logement. Des fiches de paye des derniers mois sont souvent exigées : comment en fournir après une longue période de chômage ? Quelle garantie le futur propriétaire a-t-il que son locataire potentiel conserve son nouvel emploi ?

Evidemment, cette mesure a au moins le mérite d’exister, mais elle mériterait d’être complété par un dispositif visant à faciliter l’accès au logement.

J’ai été confronté au problème, il y a quelques années. J’avais trouvé un emploi à 60 Km de mon lieu de résidence : pendant 6 mois, j’effectuais quotidiennement la navette avant d’avoir pu, enfin, trouver un appartement !
60 Km, quand il n’y a que l’autoroute, qui plus est gratuite, cela reste faisable. Mais plus de 150 ?

05/09/2005

Gouverner, c'est prévoir !

C'est la rentrée et déjà un sujet a attiré mon attention.

Je viens de voir un reportage sur les conséquences du cyclone Karina.
N’ayant pas trop suivi l’actualité ces derniers temps, j’ai été surpris de constater le manque évident de moyens mis en œuvre pour secourir les populations sinistrées.
Pourtant, il y a quelques années déjà des études avaient démontré les nouveaux risques engendrés par le réchauffement climatique avec, entre autres, une remontée vers le nord de la zone des cyclones et une violence accrue de ceux-ci. Or il semble bien qu’aucune précaution spécifique n’ait été prise dans ce cas précis. Bien sûr, il n’y a aucun moyen de lutter directement contre le phénomène, mais il est parfaitement possible de mettre en place des plans de secours prévoyant l’évacuation, des réserves de vivres, des centres d’hébergement et des hôpitaux de campagnes etc.
L’administration américaine avait justifié son refus de signer le protocole de Kyoto par les effets supposés négatifs de celui-ci sur l’économie américaine. Cet argument est-il vraiment crédible face à l’ampleur de la catastrophe ?

En France aussi, nous risquons de subir (a un degré moindre) les effets de ce réchauffement : dans 50 ans et au rythme actuel, le climat du sud de la France sera comparable à celui du sud marocain ! La sècheresse qui a frappé certaines régions risque donc fort de se reproduire dans les prochaines années, voire de s’installer durablement. Alors, faut-il continuer à la traiter comme un phénomène climatique exceptionnel ou, au contraire, envisager des mesures durables ? Pour exemple, dans le sud de l’Andalousie, une usine de désalinisation d’eau de mer a été construite et permet d’irriguer les cultures maraîchères. Ne faudrait-il pas, dès à présent, envisager ce genre de mesure ?

Gouverner, c'est prévoir... Ne l'oublions jamais !

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