29/07/2005
Parlons culture
Mon sujet sur les réformes a réveillé une autre polémique : quid des formidables progrès dans le domaine culturel !
Je n’en vois qu’un, mais est-ce un progrès : c’est la première fois depuis Malraux que tous les Français connaissaient le nom du ministre de la culture !
Oui mais, le Grand Louvre et sa pyramide, la restructuration du musée ?
Une nécessité. Le Louvre était devenu indigne de figurer sur la liste des grands musées internationaux. Et Mitterrand n’a fait que suivre les traces de ses prédécesseurs c’est à Giscard que l’on doit le Musée d’Orsay qui permettait enfin de présenter une part importante de notre patrimoine artistique. Et que dire de Georges Pompidou qui a voulu et imposé Beaubourg ? Un musée consacré à l’art moderne, un espace culturel ouvert au grand public… Les polémiques ont été plus vives qu’avec la pyramide, mais le succès ne s’est jamais déménti !
Et la Fête de la Musique ? C’était pas une bonne idée ça, faire descendre la musique dans la rue, favoriser l’accès à toutes les formes de musiques et le développement de la pratique instrumentales ?
Que l’on m ‘explique n quoi la Fête de la Musique répond à ces attentes !
La manifestation est sympathique, certes, mais je n’ai jamais entendu quelqu’un me dire que son enfant avait eu, à cette occasion, le déclic, la vocation musicale !
Rien à voir en tout cas avec ce qui avait été réalisé au début des années 70, avec la création des écoles nationales de musiques et des conservatoires régionaux : voilà une mesure qui a permis un essor considérable de la pratique instrumentale en permettant à tous les enfants qui le souhaitent d’apprendre un instrument. Et la création des orchestres régionaux, qui a permis de diffuser la musique classique dans des lieux aussi divers que des usines, des prisons, des petites salles polyvalentes ? Encore une mesure qui a favorisé la popularisation d’un art jusque-là considéré comme réservé à une élite.
Et l’Opéra Bastille alors ?
Ce devait être un opéra populaire, le moins que l’on puisse dire est que cette ambition c’est traduite par un bel échec, du en partie à des conventions collectives d’un autre âge qui imposent des horaires totalement inadaptés pour un public populaire. Et j ne parle même pas du prix des places ! Pour voir ce qu’est un véritable, allez à Marseille, à Toulouse, à Strasbourg. Dans ce dernier cas, les de moins de 25 ans représente un quart du public ! Pour eux, une place revient moins chère qu’une place de cinéma.
On pourrait continuer longtemps les comparaisons, mais elles tourneraient souvent à l’avantage des politiques culturelles menées entre la fin des années 60 et le début des années 70. Et cela est du en grande partie à Georges Pompidou, véritable homme de culture. N’est-ce pas lui qui a dit : “S’il n’y a pas de projet culturel, il n’y aura jamais de projet économique“ ?
02:51 Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
28/07/2005
A propos de réformes.
Discussion entre amis, sujets divers… puis, je ne sais comment, quelqu’un vante les nombreuses avancées sociales de l’aire Mitterrand !
Je ne peux évidemment pas m’empêcher de demander de quelles avancées il veut parler !
- Mais toutes !
- C’est-à-dire ?
Et là : problème !
Quand il s’agit de lister ces fameuses avancées, on se rend compte qu’il n’y en a pas tant que ça ! Beaucoup de poudre aux yeux, brillante communication, peu de résultats !
Les 39 heures ? La cinquième semaine de congés payés ? Peut-on appeler cela une avancée sociale ? Pour ma part, je n’en ai rien vu de cette avancée-là : mes semaines de travail font toujours plus de 50 heures, je n’ai jamais pu prendre plus de 15 jours de congés dans l’année… et je connais beaucoup de monde dans mon entourage à être dans cette situation.
Si je devais retenir une vraie avancée, quelque chose qui a bouleversé en profondeur la société durant cette période, j’aurais beaucoup de mal à trouver quelque chose !
Eventuellement la suppression de la peine de mort. Bien sûr cela n’a eu d’influence directe sur notre vie quotidienne, mais cette réforme était indispensable.
Les vraies réformes, celles qui ont réellement changé en profondeur notre société ont été réalisées sous le septennat de Valéry Giscard d’Estaing. Les plus jeunes l’ignorent le plus souvent, pourtant abaisser l’âge de la majorité à 18 ans a été une mesure qui a largement contribué à transformer la France : l’arrivée de la gauche au pouvoir aurait-elle été possible sans cela ?
La loi sur l’avortement a également été une avancée importante, voulue par Giscard, soutenue par Chirac et défendue par Simone Veil. Dans le même ordre d’esprit, le mois suivant l’adoption de cette loi, le remboursement de la pilule est accordé.
Et en vrac : institution du divorce par consentement mutuel, généralisation de la mixité dans les établissements scolaires, suppression de la censure, extension de la sécurité sociale aux non-salariés (une mesure très importantes pour les commerçants et artisans), démantèlement de l’ORTF, élection du Maire de Paris au suffrage universel…
L’image d’un Giscard vieillissant et son départ pathétique ont fait oublier tout ce qui a été réalisé sous le septennat de celui qui a été élu président à l’âge de 48 ans !
17:00 Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
20/07/2005
Ouverture dominicale, le paradoxe !
Deux infos diffusées ces derniers jours reflètent bien ce fameux paradoxe français que j’ai déjà évoqué ailleurs.
La première : une action en justice contre des commerçants qui ouvrent leurs magasins le dimanche depuis 10 ans. Le syndicat qui intente cette action estime cette ouverture illégale, les commerçants quant à eux affirment que sans cette ouverture dominicale leurs commerces ne pourraient plus tenir (cela représente 35% de leur chiffre)
La seconde : la remise d’un rapport sur la journée de solidarité au Premier Ministre.
Dans le premier cas, les commerçants affirment donc que la fermeture dominicale signifierait à terme la mort de leur commerce. Pour eux, les achats ne se reporteraient pas sur un autre jour, car les consommateurs se tourneraient vers les autres commerces ouverts le dimanche.
Admettons. Mais si TOUS les commerces étaient fermés le dimanche ? Ou au contraire, si tous étaient ouverts ? Le pouvoir d’achat des Français n’est pas extensible, et je ne connais personne qui dépense plus parce que c’est dimanche. Il se trouve simplement qu’il est plus agréable de faire ses courses calmement que dans la précipitation, en sortant de son travail ou pendant la pause de midi. Mais si tous les commerces ouvraient le dimanche, il y aurait forcément un lissage du chiffre d’affaires. De même, si tous étaient fermés, ce chiffre se reporterait sur les autres jours de la semaine.
L’autre argument avancé est que cette ouverture répond à une demande des consommateurs.
C’est là qu’intervient le paradoxe : les consommateurs plébisciteraient l’ouverture des commerces le dimanche et les jours fériés mais, dans le même temps, refusent à une très large majorité la journée de solidarité. Autrement dit, ils n’acceptent pas de travailler un jour férié !
Comment peut refuser de travailler un jour, et un seul, et exiger des autres qu’ils travaillent chaque jour férié ?
“ils n’ont qu’à embaucher des gens pour ça, il y a suffisamment de chômeurs et de jeunes qui seraient prêts à travailler“. Pourquoi pas… Mais peut-on sérieusement imaginer remplacer tout le personnel ? Et si les commerces restent ouverts 7 jours sur 7, ils n’auront plus de raison de rester ouverts tard le soir, Les grandes surfaces ouvriront une demi-heure plus tard le matin et fermeront une heure plus tôt le soir et ces 9 heures ainsi économisées seront reportées sur le dimanche… Où sera le gain pour les salariés ?
Et après les commerces, pourquoi pas les services ? Ce serait pratique de pouvoir retirer un recommandé à la poste un dimanche, ou d’aller à la banque !
Alors avant d’exiger des autres ce que l’on n’accepterait pas pour soi, réfléchissons !
Ne fait pas aux autres ce que tu ne veux pas qu’on te fasse…
11:43 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
13/07/2005
Sujet de réflexion
Changement de ton. Sortons un peu du cadre classique.
La lecture du blog d'un ami m'a amené à me poser des questions sur un sujet qui était, jusque là, assez loin de mes préoccupations habituelles. Je vous livre son texte tel quel, sans commentaire. Un sujet de réflexion, peut-être une prise de conscience pour certains.
Depuis quelque temps, j'ai envie d'avoir un bébé, pour certains c'est grave parce que je n'ai que 19 ans, pour d'autres c'est normal et ils disent que je saurais parfaitement m'en occuper, ou alors, pour des personnes au cerveau limité, ce serait un caprice pour ressembler aux hétéros.
Alors moi je dis "STOP", arrêtez vos conneries, un gay n'a-t-il donc pas le droit de vouloir un enfant ?
Un gay saurait-il moins s'occuper d'un enfant qu'un hétéro ?
Foutaises, personnellement j'ai gardé des tas d'enfant et j'ai toujours su m'en occuper parfaitement et sans problème. Alors non ce n'est pas un caprice de gay que je fais, c'est juste une réelle envie, et cette envie me ronge au point que parfois j'en pleure, hier par exemple après avoir tenu Anthony dans mes bras, j'en ai pleuré toute la journée. Débile me direz-vous ? Oui sûrement débile, débile de vouloir donner de l'amour à un enfant, débile de vouloir l'élever, débile de se lever pour lui, se coucher pour lui et faire en sorte qu'il soit heureux.
Mais alors nous sommes tous débiles, gay ou hétéros ? Parce que, n'est-ce pas ce que nous voulons tous, que nos enfants soient heureux et en bonne santé ?
Mais n'oubliez pas une chose, c'est qu'être parent d'un enfant ne signifie pas juste avoir les mêmes gênes que lui. Ce qui fait de nous de vrais parents, c'est surtout l'amour que l'on porte à cet enfant qu'il soit du même sang que nous ou non.
Alors, je vous pose une dernière fois la question : est ce qu'un gay aimerait moins un enfant qu'un hétéro ?
23:18 Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : coups de gueule
10/07/2005
Coup d’humeur… Une réaction entendue hier m’a mis hors de moi.
La scène se passe à la Fnac. Le personnage principal, genre mémère qui vient en ville une fois par an et qui se sent obligée de faire partager ses avis pertinents à tous ceux qui peuvent l’entendre. Et comme l’une des caractéristiques de ce genre de personnage est d’avoir une voix forte (et souvent désagréable), personne n’y échappe !
Pour situer le problème, depuis deux ans, la ville est en chantier :
construction d’un tramway. Cela a, bien entendu, occasionné des gènes, mais
rien de dramatique, suffit d’être patient et de savoir s’adapter. Ici, quand on
parle d’embouteillage et d’encombrements, il faut entendre un ralentissement de
5 minutes maximum. De quoi faire sourire les automobilistes des grandes villes
! Mais quand on sort de son patelin une fois toutes les années bissextiles et
que l’on s’imagine pour s’arrêter devant la porte d’un magasin, la déconvenue
est grande !
Revenons à mémère : après s’être assuré que l’auditoire potentiel était assez
important, elle lance à (très) haute te intelligible voix :“Quel con, ce maire
! Qu’est-ce qu’il avait besoin de faire chier tout le monde avec sa connerie de
tram.“ Vous apprécierez au passage la finesse du langage…
Pourquoi s’est-elle soudain figée, la bouche grand ouverte en me fixant
intensément ? Est-ce le regard noir que je lui ai lancé ou le “connasse“ qui a
glissé malgré moi entre mes lèvres ?
J’ai été un farouche adversaire de ce projet de tram, mais celui-ci ayant été
l’un des enjeux des dernières élections municipales et donc, de fait, approuvé
par les électeurs, le jeu démocratique veut que l’on se plie à l’avis de la
majorité. On ne peut quand même pas reprocher à un homme politique d’appliquer
son programme. Et ce tramway en faisait partie !
Cette réaction est symptomatique de ce que l’on peut observer dans le
comportement actuel des Français : un total désintérêt au moment où ils peuvent
avoir une action sur les décisions futures et une propension certaine à
critiquer après coup !
Paradoxalement, alors qu’on nous répète inlassablement que les Français se
désintéresse de la politique, les adhésions spontanées à des partis politiques
sont extrêmement nombreuses, ce qui est étonnant hors période électorale. Pour
ne prendre que le cas d’un parti que je connais bien et sur ma seule commune,
le nombre d’adhérents a progressé de 20% en 3 mois !
Dans un peu moins de 2 ans, nous allons être face à des échéances importantes :
c’est dès à présent qu’il faut être sur le terrain, écouter, dialoguer,
convaincre… Il est temps de faire comprendre à nos concitoyens que les votes de
protestations sont stériles, les exemples récents en sont une preuve éclatante.
La tâche s’annonce rude, la mémoire est sélective !
Et quand la connerie humaine tient lieu de jugement, il faut s’armer de
patience et résister à l’envie grandissante de baisser les bras.
19:30 Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : coups de gueule
06/07/2005
Chronique d'une défaite annoncée
Ce matin, face à mon écran, j’avais commencé à rédiger un texte expliquant pourquoi Paris, malgré ce qui semblait être un bon dossier, ne pouvait se voir attribuer les Jeux Olympiques de 2012.
J’avais allumé ma télé, je suivais la retransmission de la prestation française. Je me suis interrompu pour voir le film présenté par Paris, j’ai entendu les applaudissements qui ont suivi et je me suis décidé à ce moment-là de ne pas terminer mon texte.
Et pourtant…
Tous les ingrédients de notre vieux mal français étaient là. Mon enthousiasme naissant n’arrivait pas à occulter complètement mon esprit d’analyse, mais un à un je réfutai tous les arguments qui annonçaient de manière criante la victoire londonienne.
Moi qui ai toujours appliqué scrupuleusement la formule de Churchill (zut, encore un anglais) “No sports“ je me transformais en en “Parisdeuxmilledouzien“ convaincu ! Cet après-midi je n’ai donc pas vraiment le cœur a reprendre ma démonstration, j’y reviendrais dans les jours à venir, mais j’attends avec impatience les journaux télévisés de ce soir et les commentaires dans la presse de demain. Je prends les paris qu’une fois de plus “la déception est grande“, “nous avions pourtant le meilleur dossier“, “les Anglais ont fait un lobbying forcené“ , “il faudra voir comment c’est effectué le report des voix“ et “tout n’a pas été très clair“ car “les anglais ont usés de méthodes limites“…
Pari tenu ?
Réaction typiquement française : les responsabilités sont forcément ailleurs !
J’avais écris un jour que dans un certain nombre de domaines la France devait sortir du moyen-âge… Et j’ai déjà parlé de l’incapacité de nos hommes politiques à communiquer efficacement. Je m’étais volontairement limité à la politique car c’est là que cette inefficacité est la plus criante.
Encore une fois, je n’ai pas envie de revenir là-dessus maintenant. Pas le moral.
Il y a des jours où il est pénible d’avoir raison. Mais il est plus pénible encore de voir les gens niés une évidence pourtant aveuglante. Il faudra pourtant bien se réveiller un jour, et le réveil sera douloureux !
14:40 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : coups de gueule
05/07/2005
Justice suite
Petite contribution en complément à mon texte sur la justice : l'entretien accordé par Nicolas Sarkozy à Jean-Pierre Elkabbach sur Europe 1 ce mardi 5 Juillet. Transcription de la partie concernant ce sujet.
L’Assemblée nationale va ouvrir dans les prochaines heures le débat que vous avez provoqué contre la récidive, qui sera l’objet d’une plus grande sévérité. Est-ce que vous avez le sentiment d’avoir obtenu satisfaction, par exemple sur le juge qui sera obligé de tenir compte des fautes antérieures, des mesures de sûreté plus longues, et puis en correctionnelles la comparution obligatoire, cette fois est beaucoup plus rapide.
Ecoutez, oui, c’est un débat considérable. Il y a une ville de France, pour ne pas la nommer Tarbes, où un délinquant de 14 ans, tenez-vous bien, est responsable à lui tout seul de 10 % de la délinquance. Sur son casier judiciaire, il y avait plus d’une centaine d’infractions. Eh bien, j’affirme qu’un certain nombre de multirécidivistes, la police comme la gendarmerie, on en a assez de courir toujours derrière les mêmes. Il faut qu’à un moment donné, la société se défende et qu’elle dise : ça suffit maintenant. Alors on a demandé un certain nombre de choses, je suis heureux que le gouvernement le fasse. Première chose, la comparution immédiate. Mais quand vous avez été condamné 15, 20, 25 fois, 30 fois, le moins qu’on puisse attendre, c’est que la dernière fois, vous soyez convoqué immédiatement. Deuxièmement, plus de mesures d’aménagement de peine, pour le multirécidiviste. Le multirécidiviste ne doit pas être traité comme un primo-délinquant.
Les magistrats, vous avez vu, refusent d’être insultés et mis en cause, comme ils disent. Est-ce que le ministre de l’Intérieur...
Ah pardon ! Parce que c’est insulter de dire qu’on est responsable de ses décisions ? Cela fait commencer l’insulte assez tôt ! Qu’est-ce que je devrais dire moi alors ?
Est-ce que le ministre de l’Intérieur reconnaît la séparation des pouvoirs et l’indépendance des juges ?
Mais bien sûr, mais J.-P. Elkabbach, je m’étonne de cet argument.
Vous l’avez entendu.
Vous êtes le patron à Europe numéro 1. Est-ce que ça met en cause votre indépendance, vous le grand journaliste connu et reconnu, que d’être responsable de ce que disent vos journalistes ? Si un de vos journalistes porte atteinte à l’intégrité, à l’honneur de quelqu’un, vous serez traîné devant les tribunaux. Est-ce que ça met en cause votre indépendance ? Quand vous allez voir un médecin, qu’il vous opère, et qu’il omet une faute professionnelle sans intention, c’est-à-dire pas pénale, il est traîné devant les tribunaux. Quand un homme politique, un maire, le panneau de basket est mal vissé, ce n’est pas le maire qui l’a vissé, ou mal vissé, tombe sur la tête d’un enfant, il est traîné en correctionnelle. Est-ce qu’il peut exister un pouvoir, un seul, où la question de la responsabilité ne se pose pas ? Et en quoi cela met-il en cause...
Donc vous maintenez vos propos.
Enfin je maintiens, qu’est-ce que ça a de scandaleux de dire qu’il ne peut pas y avoir un pouvoir sans responsabilité ? Moi, vous savez, j’avais été très choqué par ce qu’avait dit G. Dufoix en son temps : "ni responsable, ni coupable".
15:30 Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
02/07/2005
La fracture numérique
Il existe un problème que la presse n’évoque pratiquement jamais : la fracture numérique !
Une grande partie du territoire français n’a pas accès à l’internet haut-débit, ce marché est totalement délaissé par les grands opérateurs. L’ignorance totale de la plupart des élus n’arrange rien. De nombreux départements ont signé la charte des départements innovants laquelle, loin d’apporter une solution, ne fait que retarder l’équipement des zones blanches
En effet, alors que des solutions existent et sont aujourd’hui opérationnelles dans un certain nombre de communes, des départements font pressions sur les maires qui cherchent à satisfaire leurs administrés afin d’imposer leurs solutions, souvent imparfaites et surtout longues à mettre en œuvre.
Et les opérateurs historiques en profitent pour mettre en place des systèmes rentables pour eux, mais qui ne répondent pas aux vrais besoins des Français et sans aucun souci d’aménagement su territoire.
Pendant ce temps, un opérateur privé développe le vrai réseau du futur, le réseau pervasif. Alors que l’opérateur historique en est encore à mettre en place des hots spots !
Pour bien comprendre ce qui se passe, prenons l’exemple du téléphone.
La connexion internet, telle que nous la connaissons aujourd’hui, peut se comparer au téléphone fixe : l’abonnement est lié à la prise. Les hots spots, eux, peuvent être comparés à une cabine téléphonique : on peut se connecter depuis chaque point équipé soit en payant au coup par coup, soit en souscrivant un abonnement spécifique (comme dans une cabine où l’on pouvait soit payer sa communication, soit utiliser une carte).
Le réseau pervasif, lui, est à internet ce que le téléphone portable est au téléphone fixe : pour un abonnement unique, il est possible de se connecter depuis n’importe quel point du territoire couvert. De plus, un non-abonné peut, par simple envoi d’un SMS, accéder au réseau de manière temporaire.
Nous en sommes donc aujourd’hui au point où l’opérateur historique installe des cabines téléphoniques en cachant aux usagers l’existence du portable !
L’enjeu économique est énorme : imaginez un site touristique affichant son appartenance à ce nouveau réseau. Ne serait-il pas plus intéressant pour quelqu’un déjà abonné, à Paris par exemple (une large partie de la capitale et déjà couverte ou en voie de l’être) de choisir ce site-là plutôt que le village voisin, non-équipé ?
Qui pourrait aujourd’hui se passer de son téléphone portable ? Cela serait vrai demain pour son ordinateur portable. Que dis-je demain : c’est déjà le cas pour la majorité des utilisateurs professionnels mobiles comme les commerciaux.
Les lourdeurs d’une grande entreprise, gangrenée par son passé d’entreprise publique et son long monopole, sont en train de retarder un progrès considérable. Pire, tout est mis en œuvre pour freiner les élans des petits opérateurs qui eux ont la réactivité et l’imagination nécessaires pour faire avancer les choses.
Ce qui est vrai dans le domaine de l’internet l’est également ailleurs. Le combat d’arrière-garde que sont en train de livrer certains pour la préservation d’un soi-disant service publique relève du même ordre. Peut-être comprendra-t-on un jour que service public ne rime pas forcément avec service du public. Ne doivent être du ressort de l’Etat que les vrais services que sont l’éducation, la justice, la santé. Des petites entreprises seront toujours, sinon plus performantes du moins plus soucieuses de répondre aux attentes de leurs clients.
Personnellement, entre un bureau de poste ouvert à des horaires auxquels je ne peux y accéder et un buraliste, ou tout autre commerçant, offrant le même service mais à des horaires qui me conviennent, mon choix est fait.
22:20 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note

