28/06/2005

Juges : responsables mais pas coupables… Pas sûr !

Les pauvres juges… Sont pas contents. Pas contents du tout !

Bon, j’admets que, sur ce coup -à, Nicolas Sarkozy y est allé fort. Mais soyons honnêtes, aurait-on prêté la même attention à un vrai problème, qui mine notre société, si ces propos avaient été plus modérés ?

Je n’entrerais pas dans la polémique sur le cas précis évoqué par le Ministre de l’Intérieur (c’est vrai que la décision était collégiale, mais il est tout aussi vrai que l’un des experts mandatés avait conclu à l’extrême dangerosité de l’individu en cause), mais je voudrais évoquer de manière plus générale les dérives de plus en plus nombreuses de l’institution judiciaire.
Est-il admissible qu’un magistrat toulousain, auquel un enquêteur fait remarquer la fragilité, sinon le manque de crédibilité de certains témoignages, passe outre ces avertissements sous prétexte qu’il n’allait quand même pas laisser passer l’occasion de “se faire Baudis“ ?

Est-ce à l’honneur de la justice de voir une juge d’instruction supplier un inculpé de lui “donner“ une personnalité en échange de l’immunité, puis voyant que son interlocuteur ne sais rien, le menacer des pires représailles ?

Et que dire des enquêtes bâclées, des vies anéanties, des familles brisées… Nous ne connaissons ces cas que parce qu’ils ont été largement médiatisés ou qu’ils ont fait l’objet de récits, mais combien d’autres sont passés sur silence ?

Bien sûr, ces cas ne sont le fait que d’une minorité de magistrats se sentant investi d’une mission, des justiciers qui n’ont de compte à rendre à personne… Mais ces magistrats-là décrédibilisent la justice française. Aucun d’entre nous n’est à l’abri, nous pouvons tous nous retrouver sans raison en face de l’un d’entre eux. Et s’il a décidé que nous étions coupables, dans l’état actuel des choses nous n’avons aucun moyen de nous protéger.

Quand un enfant se blesse dans une cour d'école, le Maire peut être inculpé. Quand un patient estime qu'un médecin à fait une erreur de diagnostic, il le traine en justice. Un ministre peut se retrouver devant la Cour de Justice de la République. Quand un juge ruine une existence. et bien tant pis, l'erreur est humaine !

A méditer !

27/06/2005

La mauvaise foi a ses limites.


François Bayrou joue perso, ce n’est plus en secret pour personne. Dans son parti, les dissensions se de plus en plus visibles. Gilles de Robien qui reste au gouvernement, 9 députés sur les 27 que compte le groupe qui votent la confiance au gouvernement… ça fait désordre !
Alors quand François Bayrou refuse au gouvernement le droit de procéder par ordonnances, mais qu’aurait changé un débat à l’Assemblée ? Rien ! Strictement rien ! Ou plutôt, cela n’aurait fait que retarder la mise en place des réformes indispensables, car de toute façon, avec l’appui du groupe ultra-majoritaire de l’UMP et des députés UDF qui le soutiennent le gouvernement avait largement les moyens de faire passer ses textes. Cela aurait simplement pris quelques semaines, voire quelques mois de plus. Or le temps manque !
Débattre pour faire avancer les choses, oui. Débattre pour le simple plaisir de marquer sa différence et servir des ambitions personnelles, non.

Dans le même ordre d’idée, François Hollande a raté une belle occasion de se taire. Souhaitant consulter l’ensemble des partis politiques ayant des élus au Parlement Européen sur le devenir de l’Europe, le Premier Ministre invite fort logiquement le Front National : quoi de plus normal, sur les 78 députés européens français ce parti en compte 7 (pour mémoire : PS 31, UMP 17, UDF 11, Verts 6, PC 3, MPF 3). Alors, quand Monsieur Hollande souligne que c’est la première fois depuis l’élection de Jacques Chirac que le Front National est consulté, je ferais simplement remarquer que ce parti n’a pas d’élus au parlement français et que n’étaient conviés à ces réunions que les partis représentés à ce niveau.
Par-delà la polémique, comment François Hollande aurait-il pu représenter un parti aussi profondément divisé sur la question européenne. Ce prétexte lui aura permis de se défiler !

17/06/2005

Une liberté reconquise.

L’un de nos droits fondamentaux est le droit au travail. Avec la mise en place du service garanti dans les transports franciliens, un droit à été rétabli. Il était inconcevable qu’un petit groupe prive une large partie de la population de ce droit au travail pour satisfaire de petits intérêts corporatistes. Déjà les syndicats manifestent contre ce retour du droit, privilégiant une fois de plus leur vision étriquée des choses au détriment de la liberté de leurs concitoyens.
Personne ne leur dénie le droit de grève, il existe d’autres moyens pour l’exercer que de prendre la France en otage. Encore faut-il avoir un brin d’imagination. Et ça, ça n’a jamais été le point fort des dirigeants syndicaux français.

15/06/2005

Pour en revenir à la vraie démocratie.

Je viens d’entendre Marie-Georges Buffet intervenir à l’Assemblée lors du débat sur l’Europe.
Mais quand entendra-t-on enfin quelqu’un intervenir pour remettre les choses à leur place ?

Cela me met littéralement hors de moi quand j’entends de tels propos !

C’est le déni pur et simple de la démocratie, la vraie, ainsi qu'elle est définie par notre constitution.

Il est urgent de remettre nos institutions sur les rails et d’en rappeler le fonctionnement à nos concitoyens.
La démocratie n’est pas l’anarchie, même si l’on est en désaccord avec le gouvernement, celui-ce est légitime pendant toute la durée de son mandat. Dénier cette légitimité, c’est ouvrir la boîte de Pandore ainsi que je l’ai déjà dit.

Les torts sont partagés : par le Parti Socialiste d’une part, qui a voulu faire des élections régionales un test national, par les gouvernements qui ont reculé face à des manifestations surmédiatisées et surévaluées.

Dans le premier cas, nombre de nos concitoyens s’en mordent les doigts. Non seulement cette élection n’a pas eu (fort logiquement) les effets escomptés sur le gouvernement, mais en plus l’augmentation des impôts locaux de 30 à 50% est une réalité avec laquelle ils vont être obligé de vivre pendant quelques années. Mettre cette augmentation sur le dos de la décentralisation ne permettra pas longtemps aux exécutifs régionaux de se défausser de leurs responsabilités : comment pourraient-ils justifier de telles augmentations quand en Alsace elle n’est que de 2,5% ? Pourtant cette région a les mêmes contraintes que les autres.
Dans le second cas, les reculs successifs sont inadmissibles. Ces gouvernements avaient un mandat : ils ne l’ont pas remplis ! Ce n’est pas en cédant aux pressions de la rue que l’on résoudra les problèmes. Les Français ne sont pas idiots, quand on prend le temps de leur expliquer clairement les choses, ils peuvent les comprendre sinon les accepter avec enthousiasme. Mais en pratiquant la valse-hésitation, non seulement un gouvernement se décrédibilise, mais en plus il provoque le trouble dans sa propre majorité qui ne le comprend plus et a de plus en plus de mal à lui apporter son soutien.
Le fossé a été creusé, durablement.

Heureusement, il reste une lueur d’espoir : de plus en plus de français se rendent compte que ce n’est pas en descendant dans la rue à l’appel plus ou moins fantaisiste d’organisations aussi peu représentatives que responsables, qu’ils feront bouger les choses. Les adhésions (en dehors d’une période électorale) n’ont jamais été aussi nombreuses dans les partis politiques ou du moins dans celui que je connais plus particulièrement. Ils savent qu’en s’engageant ainsi, ils auront un véritable rôle à jouer, ils ne seront plus simplement appelés à élire leurs représentants, mais ils seront en première ligne pour choisir ceux qui se présenteront aux élections. Ils pourront refuser leur investiture à ceux qui ne songeraient à se présenter que pour enrichir leur carte de visite et ils pourront leur demander des comptes en cours de mandat. C’est ainsi que doit fonctionner notre démocratie. La vraie, pas celle des Buffet-Laguillier-Besancenot qui n’ont toujours pas compris que la société avait évolué. Pas celle des démago-populistes De Villiers-Le Pen pour lesquels caricature et mauvaise foi tiennent lieu de programme. Et par charité je n’évoquerais même pas le gentleman farmer béarnais : lorgner sur un siège, même présidentiel, quand on a le cul entre deux chaises ne doit pas être une position confortable. Attention à la chute ! (Non, je n’ai pas dis : vivement la chute).

13/06/2005

Ce qu'il fallait démontrer !

Je n’aurais pu trouver de meilleur exemple à mon propos. Un commentaire publié à la suite de l’un de mes textes sur l’incompréhension entre les hommes politiques et leur base illustre parfaitement cela. Voici ce commentaire :
“Il n'y a pas d'incompréhension entre le peuple français et des voleurs. Quand les politiques arrêteront de voler la France et le peuple français peut être que la compréhension sera meilleure !“
Quelle meilleure preuve aurait-on pu apporter ?
Et cette idée est largement répandue. Pourquoi ? Parce qu’à chaque fois qu’il y a une affaire impliquant un homme politique, elle est surmédiatisée. Parce qu’il n’est fait aucune différence entre les affaires ayant trait au financement des partis politiques et les rares cas d’enrichissement personnel et de corruption. Enfin, les médias, si prompts à étaler les noms des hommes et à y consacrer leurs titres, sont généralement bien silencieux quand leur innocence a enfin été prouvée.
Pour une femme ou un homme politique, la double peine existe encore. L’accusation vaut jugement. Le Français ne doute pas: il n’y a pas de fumée sans feu. S’il savait, le pauvre !
Aujourd’hui n’importe qui peut être happé par la machine judiciaire, et quand elle vous tient, elle ne vous lâche plus. Elle vous broie, vous casse, vous détruit.
Et pour une personne publique, c’est pire : la presse se charge du procès avant même que l’instruction ne soit finie.
L’avalanche d’affaires concernant des personnalités et pour lesquelles on s’aperçoit que le dossier était vide, la volonté affichée de certains juges de “se payer un politique“… tout cela devrait enfin faire réfléchir.

Comment s’étonner après cela, qu’il soit difficile de trouver des candidats aux élections ? Les médias déplorent le manque de renouvellement de la classe politique : qui a encore envie de s’engager, de sacrifier sa vie de famille et son travail, de compromettre son avenir face aux risques encourus ?
Car un mandat électoral n’est jamais qu’un CDD, personne n’est assuré de le voir renouvelé. J’ai été sollicité pour me présenter lors des prochaines échéances, je vais certainement accepté… mais après ? Un vrai statut de l’élu permettrait sans doute d’apporter un début de réponse

10/06/2005

Mélenchon - de Villiers : champion de la mauvaise foi !

J’ai entendu Jean-Luc Mélenchon ce matin dans “les 4 vérités“ sur France 2.
J’avoue que j’hésite encore sur la manière d’interprété ses propos : est-il vraiment aussi incompétent et éloigné des réalités que ses réponses le laissent supposer ou alors est-il possible que l’on puisse être d’aussi mauvaise foi ?
L’entendre évoqué, la larme à l’œil, le stress que subiront les malheureux qui auront à supporter une période d’essai de 2 ans, me laisse pantois.
Monsieur Mélenchon a-t-il la moindre idée de se que endurer quelqu’un qui est au chômage, qui sais qu’il n’a guère d’espoir, qui voit approcher le moment où il ne pourra plus assumer son loyer et qui se demande comment il va s’en sortir ? Cette personne sera heureuse de trouver un emploi, fusse pour une durée de 2 ans. ce stress sera toujours plus supportable que celui provoqué par un avenir bouché, sans la moindre lueur d’espoir.

Il n’est pas le seul à me provoquer de l’urticaire : coup de sang d’hier soir en entendant Philippe de Villiers, Là, la mauvaise foi est évidente. Entendre ce personnage pérorer, se gargariser de “sa“victoire, alors que tous les arguments qu’il avance plaidaient en faveur du “oui“ c’est (pour parler le plus sincèrement possible) se foutre de la gueule du monde ! Car que réclame-t-il aujourd’hui ? Une commission moins forte et mieux contrôlée (prévu dans la constitution , mais qui ne peut être appliqué aujourd’hui, en partie grâce à lui), plus de démocratie dans les institutions européennes (le but même de la constitution), un meilleur contrôle des frontières de l’Union (la Constitution en donnait les moyens)… bref, les exemples sont nombreux. Preuve s’il en était besoin que ce n’est pas l’avenir de l’Europe qui intéressait ce Monsieur, mais bien son avenir personnel : le voilà remis en selle pour 2007 !

Il existe même un point d’accord entre Mélenchon et de Villiers : selon eux, le Président de la République devrait demander la suspension du processus de ratification. La France, maîtresse de l’Europe ! Les quelques millions de Français opposés au traité ont une légitimité plus forte que les ressortissants des autres pays de l’Union. Et dire que ces gens ont des électeurs !

09/06/2005

Coup de gueule

Quand se décidera-t-on enfin à dire les choses telles qu’elles sont ?

Aujourd’hui encore, dans un journal télévisé, un élu communiste reprochait au gouvernement de ne pas avoir tiré les leçons du vote du 29 mai.
Je l’ai déjà dit, je persiste et je signe : réhabituons les Français à respecter les échéances ! Ce vote concernait l’Europe et rien d’autre. Si certains ont pensé pouvoir lui donner une autre signification, ils en sont pour leur frais. C’est normal, c’est ainsi que sont conçues nos institutions. Le changement éventuel de politique nationale se fera en 2007. Il n’y a pas lieu de revenir là-dessus.

Ceux qui souhaitent que la France demande une révision de la Constitution européenne lors du prochain conseil sont à mettre dans le même panier ! Quelle arrogance, quelle morgue : parce que la France a dit “non“ le processus devrait s’arrêter ? Mais la France a-t-elle vocation à décider pour l’ensemble des pays de l’Union ? Et à ce jour il y a plus de pays qui ont approuvé le traité que de pays qui ont refusé la ratification. Alors laissons le processus arriver à son terme et là, et à ce moment-là seulement, une décision pourra être prise.

Avant même que le gouvernement n’ai pu mettre en place sa nouvelle politique, les critiques fusent. Certains soulignent que si des solutions existaient, il y a longtemps qu’elles auraient été mises en œuvre.
Les solutions existent, nous les connaissons depuis longtemps.
Quels étaient les obstacles ? Les syndicats !
Tous les pays qui ont réussi à faire reculer le chômage ont opté pour une certaine flexibilité. Les résultats plaident pour cette souplesse. Les syndicats français la refusent a priori.
Pour eux, flexibilité rime avec précarité. En clair, pour les syndicats français, mieux vaut un chômeur de longue durée qu’un travailleur qui n’est pas sûr de garder son emploi à vie !
Mentalité d’un autre âge, où effectivement quand on entrait dans une entreprise, on y restait jusqu’à la retraite. Ces temps sont révolus : en 20 ans de vie professionnelle j’ai changé 5 fois d’employeur. Et les exemples similaires sont nombreux dans mon entourage !
Non seulement aujourd’hui un emploi ne peut plus être garanti à vie, mais les évolutions font que l’on est appelé à changer de métier ou de spécialisation en cours de carrière.
Les dirigeants de nos mouvements syndicaux devraient de temps à autre se plonger dans la vraie vie : on reproche aux hommes politiques d’être déconnectés de la réalité : que dire alors des syndicalistes accrochés à leur schéma de société datant de la fin du XIX ème. Je les invite à regarder l’entretien avec Edmond Maire, ancien leader de FO, actuellement diffusé sur la chaîne Histoire : peut-être se rendront-ils enfin compte du ridicule de leurs positions !
Ceci étant, j’en doute : comment pourraient-ils accepter de se remettre en cause ? Ce serait reconnaître leur incompétence flagrante ! Encore une raison pour ne pas vouloir de l’Europe. Imaginez que les salariés français se rendent compte de ce qu’un vrai syndicat, puissant, bien organisé et bien représenté par des dirigeants compétents peut obtenir ? Et par la seule négociation ! Le culte de la grève est typiquement français, ailleurs c’est la négociation qui est privilégiée. Mais là encore, le chemin sera long et douloureux ! les “mandarins” du syndicalisme ne sont pas près de perdre leurs privilèges.

05/06/2005

Les leçons du référendum.

Ce que l’on attend en ce moment dans les médias, suite au référendum, me met hors de moi !
Une fois pour toute : il y a eu vote, le résultat s’impose à chacun, c’est le jeu démocratique.

Ce qui inadmissible, c’est l’interprétation que certains font des résultats. C’est la volonté de donner au scrutin une signification qu’il n’a pas !

Nous sommes dans un système qui a ses règles. Qu’on le veuille ou non, comme le résultat, ces règles s’imposent à nous. Elles sont simples : chaque scrutin a un but précis. Vouloir en modifier l’enjeu relève de la pure mal honnêteté !
Finissons-en tout de suite avec le référendum lui-même : les partisans du “non“ réclament que l’on tienne compte de leur refus. C’est légitime. Ils demandent que la France porte la “bonne parole“ du “non“ au Conseil. Problème ! Il n’y a pas synthèse possible du “non“. Le dire soulève un tollé quasi général : comment peut-on mélanger les refus de l’extrême droite, des souverainistes, de l’extrême gauche, des dissidents socialistes… et j’en passe !
Mais comment pourrait-il en être autrement ? Entre ceux qui trouvaient ce texte trop libéral, ceux qui le trouvaient trop social, ceux pour qui il n’allait pas assez loin dans la défense des libertés, ceux qui refusaient certaines des libertés reconnues… Il y a autant d’interprétations que de groupes qui ont appelés à voter “non“. Alors de quel droit devrait-on privilégier l’une des thèses par rapport aux autres ?

Plus généralement, la première leçon à en tirer est une méconnaissance des règles de bases de notre démocratie. Le peuple français vote, son choix est souverain ! Mais comme le pouvoir n’appartient pas à la rue (je pense ici à tous ceux qui éspèrent influer sur l'avenir du pays en mettant dans la rue une minorité fortement médiatisée), il n'appartient pas aux Français de changer les règles du jeu en cours de partie !
Quand on élit les députés, donc indirectement un gouvernement, c’est pour une durée déterminée par la Constitution, c’est sur un programme prévu pour être déroulé sur cette durée.
Ce que l’on accorde volontiers à une équipe municipale est refusé à l’équipe gouvernementale.
Que ceux qui trouvent cette durée trop longue mettent à profit les prochaines élections législatives pour proposer cette réforme dans leur programme et se faire élire à l'Assemblée !

La faute en incombe en grande partie à ceux qui ont souhaité faire des élections régionales un test national. Ce que ces élections n’étaient pas, ne pouvaient pas être, ne devaient pas être !
Ce faisant, ces mêmes dirigeants ont ouvert la boîte de Pandore. Le résultat ne s’est pas fait attendre : le retour de bâton a eu lieu le 29 juin.
Comment voulez-vous expliquer à des électeurs qui, faute de véritable instruction civique (encore un vaste problème) et mal informés, ont été convaincus que leur voix devait être prise en compte lors du précédent scrutin, qu’elle ne le serait pas cette fois-ci ?
Au contraire, frustré de ne pas avoir été entendu une première fois, ils ont souhaité amplifier le mouvement ! Mais cette protestation n’avait pas plus de légitimité que la première fois !

L’un des plus grand virtuose de la langue de bois démagogique n’avait pas hésité à demander la démission du Président de la République, là encore un précédent célèbre ne doit pas fausser notre perception des vrais enjeux !
Et enfin, parce qu’une majorité de nos concitoyens a fait un choix, cela lui donne-t-il forcément raison ? L'histoire nous a démontré à plusieurs reprises le contraire.

Je ne voudrais pas être à la place des chantres du “non“ dans les mois qui viennent. Je ne parle pas de ceux qui ont sincèrement défendu leurs positions anti-européennes, je pense à ceux qui ont fait un choix purement démagogique en vue de se placer pour les prochaines échéances, pour relancer un parti moribond ou simplement retrouver un peu de vigueur médiatique. Leurs mensonges vont être révélés plus vite que prévu : on pourra compter sur nous pour les rappeler aux électeurs à la mémoire un peu courte lors des prochaines échéances !

04/06/2005

Nos hommes politiques ne savent pas communiquer (5)

Recadrer la vie politique

La vie politique est totalement faussée.
Nous sommes, depuis quelques années déjà, dans la civilisation du zapping : j’aime, j’aime plus, j’aime bien mais je vais quand même voir ailleurs si ça n’est pas mieux…
Le “tout, tout de suite“ a remplacé le “mieux vaut tenir que courir“, attitude de ceux qui ont connu les privations et les difficultés de l’après-guerre et, qui par là même, savait apprécier à sa juste mesure le plus petit progrès.
Ces principes, bien connus dans l’univers de la publicité et du marketing, ont été totalement ignorés par le monde politique. Les hommes politiques ont continué à proposer leurs programmes, leur vision de la société à des Français qui n’avaient plus la même grille de décodage.
Mais la responsabilité est partagée : dans une société en perpétuel mouvement, les Français ont beaucoup de mal à admettre à comprendre qu’une décision politique ne soit pas suivie d’effet immédiat. Est-ce le résultat des faiblesses de notre système éducatif ? Le fonctionnement de nos institutions est-ils suffisamment connu ? N’est-il pas urgent de revoir sérieusement l’enseignement en matière d’instruction civique ?
Les Français n’ont plus réellement la notion exacte de ce qu’est une échéance électorale. L’attitude de l’opposition (quelle qu’elle soit, car tant la gauche que la droite ont pratiqué ce petit jeu) a contribué à semer le trouble dans l’esprit de nos concitoyens.
Je reprendrais le cas des élections régionales de 2004.
Il s’agissait de remplacer les exécutifs régionaux, rien de plus. La gauche a voulu en faire une vaste campagne anti-gouvernementale, ce que cette élection ne devait pas, ne pouvait pas, être. Il est donc tout à fait normal que les Français, à l’issue du scrutin, manifestent leur mécontentement quand, fort logiquement, ils constatent que leur vote ne produit aucun effet sur la politique du gouvernement.
Fort logiquement, car ce n’était pas l’enjeu réel.
Et cela, les Français ont du mal à l’admettre. Pourtant, qui pourrait imaginer en prenant l’avion pour une destination donnée, de demander en plein vol à changer d’équipage et de destination ?
Une élection relève d’un choix identique : les Français choisissent un programme ainsi que des femmes et des hommes chargés de le mettre en œuvre dans une durée donnée.
Le premier axe de communication à mettre en œuvre est de fixer l’action (présidentielle, législative, régionale, départementale, communale…) dans la durée. Et d’en rappeler les limites ! Je garde en mémoire des élections cantonales au cours desquelles le thème de l’insécurité et de l’immigration a été largement évoqués alors que le Conseil Général n’a aucune compétence dans ces domaines. Mensonges, certes, mais qui ont faussé les débats et occultés les vrais problèmes.

Nous sommes dans une société de l’information et de la communication tout azimut. Le monde politique est resté trop en retrait, et ce n’est pas la prolifération des conseillers en communication qui ont aidé nos Politiques à modifier leur image ou qui nous ont asséné telle ou telle formule choc, qui a changé quoi que ce soit au problème.
On a communiqué sur la forme (ce qui est nécessaire), on a oublié le fond, estimant sans doute (mais à tort) que les Français avaient les bases indispensables.
Et cela est la version optimiste, je ne parle même pas de certains responsables politiques pour lesquels les Français n’ont pas besoin de comprendre les enjeux d’une élection et pour lesquels seul compte le résultat. La démagogie, elle, ne nécessite pas d’énormes efforts de communication !

On peut considérer le problèmes sous tous les angles imaginables, il n’y a pas beaucoup de solutions pour remettre la vie politique française sur ses rails : éduquer, informer… communiquer. Mais efficacement !

02/06/2005

Nos hommes politiques ne savent pas communiquer (4)

Petit état des lieux

La société française a considérablement évolué au cours des dernières années. Le dire semble être une évidence, mais est-ce aussi évident pour tout le monde ?
A priori, oui. Du moins si l’on prend en compte les diagnostics émis par les leaders politiques au cours des dernières années. A commencer par celui, brillant, de Jacques Chirac sur la fracture sociale, complété par celui de Jean-Pierre Raffarin sur la “France d’en bas“.
Mais à l’arrivée, à quels résultats ces diagnostics ont-ils aboutis ?
Selon leur engagement et leurs convictions, les uns vous démontreront, chiffres à l’appui, que de vraies mesures ont été prises, que les choses sont en voie d’amélioration. Les autres, avec la même sincérité, vous prouveront que, non seulement rien n’a été fait, mais que les inégalités se sont creusées.
Qui a tort ? Qui à raison ?
Match nul, balle au centre : les deux camps ont raison. La vérité est équitablement partagée, tout comme la mauvaise foi !
Et la grande phrase a été lâchée : les deux camps !

Oh bien sûr, cette bipolarisation de la vie politique n’est pas spécifiquement française, républicains et démocrates aux Etats-Unis, travaillistes et conservateurs en Grande-Bretagne… les exemples ne manquent pas.
Non, notre spécificité est la “bipolarisation fluctuante“ : le Français choisit son camp, défend vigoureusement son “engagement“, mais n’hésitera pas à se renier avec la même sincérité quelques mois plus tard !
Et cela, je l’ai constaté à maintes reprises, il suffit de prendre les résultats d’élections locales dans des quartiers dits populaires. La comparaison des chiffres des tours permet alors de vérifier le report des voix de l’extrême droite sur un candidat socialiste, lequel n’a rien demandé et est même, souvent, plutôt embarrassé par ce vote.
On tente de nous expliquer alors qu’il s’agissait là de votes de protestation, que les électeurs ont voulu donner un avertissement au monde politique…
Mais qu’est-ce que ça veut dire, un vote de protestation ?
Soyons clair : lors d’une élection (hors référendum, qui est un cas particulier) chaque candidat présente un programme, le choix devrait donc porter sur ce programme et rien d’autre.
Comment se fait-il que lors d’élections régionales, les Français estiment-ils pouvoir infléchir la politique nationale ?
Comment, lors d’un scrutin européen, est-ce le gouvernement français qui devient la cible des critiques ?
On peut comprendre l’exaspération de ceux qui sont en difficulté, qui ont envie que les choses changent rapidement, mais là encore, paradoxe ! Ce sont ceux qui réclament le plus des changements rapides qui s’opposent aux évolutions nécessaires.
Et nous en revenons toujours au même point : la communication. Dire qu’il faut réformer, exposer le problème, c’est bien. Mais a-t-on suffisamment expliquer les récentes réformes ? Certes, il y a eu des débats, des réunions… Un effort a visiblement été fait, mais une fois encore, totalement à côté de la plaque !
Prenons le cas de la réforme scolaire. François Fillon avait parfaitement compris le besoin d’implication des Français, il avait souhaité un vaste débat. Ce débat a eu lieu. Le résultat : des manifestations, le retrait d’une partie du projet, le désaveu d’un ministre qui avait sincèrement et honnêtement tenté de jouer le jeu de la concertation. Rappelez-vous les unes des journaux, n’avait-on pas l’impression que toute la jeunesse de France était dans la rue ?
Et pourtant la réalité était toute autre : 10 % d’étudiants dans la rue !
Une nouvelle fois, une minorité agissante imposait sa manière de voir les choses. Or moi, j’ai toujours appris qu’en démocratie, c’est la majorité qui décidait !
Et je ne reviendrais pas sur la grève des intermittents du spectacle, où l’on a vu à la pointe de la contestation au syndicat défendre un statut qu’il avait violemment combattu (et refusé de signer) quelques années au paravent !

Alors je persiste et je signe :nous n’avons pas su expliquer les véritables enjeux de nos réformes. Et comme je l’ai déjà dit à maintes reprises, ce ne sont pas la qualité et la compétence des hommes chargés de la communication du gouvernement ou des partis qui sont en cause, mais bien leur éloignement de ce que l’on a appelé la “France d’en bas“.
Et même cela, ce n’est pas un reproche : il est difficile de rester totalement connecté aux réalités du terrain quand on passe 10 ou 12 heures dans un bureau, entouré de gens qui sont convaincus, et de toute bonne foi, avoir pris les bonnes décisions. Les choses semblent tellement évidentes qu’il est difficile d’admettre qu’elles ne le soient pas pour tout le monde.

Aujourd’hui, les Français attendent des résultats immédiats, or nous savons tous que gouverner c’est prévoir, donc agir à moyen et long terme. Malheureusement une action à long terme et des résultats rapides sont deux choses incompatibles.

Le Français d’aujourd’hui me fait irrésistiblement penser à l’Antigone de Jean Anouilh : “Moi, je veux tout, tout de suite, – et que ce soit entier – ou alors je refuse ! Je ne veux pas être modeste, moi, et me contenter d'un petit morceau si j'ai été bien sage. Je veux être sûre de tout aujourd'hui...“

(à suivre)

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