26/04/2005
Quand l'intolérance tient lieu de débat !
Que l'on soit pour ou contre la constitution, l'essentiel à mes yeux est de baser son vote sur une vraie réflexion, en fonction de sa sensibilité et de ses convictions. Même si je suis en total désaccord avec les partisans du Non, je ne peux que respecter leur choix, celui-ci étant étayé par des arguments qui, à leurs yeux, justifient cette position.
Ce qui est inadmissible, c'est une certaine attitude qui relève plus du terrorisme intellectuel que du débat. A cet égard, un soi-disant "débat", organisé dans la région, a été une véritable imposture. Ce devait être un débat contradictoire entre partisans du oui et du non. Ce ne fut en fin de compte qu'une violente diatribe anti-constitution. Encore une fois, je peux admettre que l'on soit contre, mais j'attends alors que l'on me donne des arguments solides. Or, quand un député européen, donc quelqu'un qui devrait parfaitement connaître le sujet, base son discours sur des mensonges (le mot n'est pas trop fort : la plupart des arguments avancés étaient en contradiction flagrante avec le texte de la constitution), il est permis de se poser des questions. Quand les contradicteurs, pourtant invités par les organisateurs, se voient réduit leur temps de parole à 3 mn (contre 20 pour les tenants du non), quand quelqu'un se fait conspuer alors qu'il ne fait que lire un extrait de la constitution, il est permis de se demander si celle-ci intéresse réellement les organisateurs du débat. Qu'importe, ils auront rempli leur mission en confortant les participants dans leurs certitudes. Y en aura-t-il un seul qui aura le réflexe de lire la Constitution afin de se faire sa propre opinion ?
Si ce débat avait été officiellement présenté comme un meeting des partisans du Non, personne n'aurait trouvé à y redire : le choix est respectable. Ce qui, par contre, est méprisable c'est d'avoir fait croire qu'il s'agissait d'un véritable débat permettant de confronter les points de vue.
Quand nous organisons une réunion, elle est annoncée sans ambiguïté comme un meeting de soutien au Oui.L'entrée est libre, chacun peut poser sa question. Et si un partisan du Non souhaite s'exprimer, il est libre de la faire. C'est ainsi que je conçois le débat démocratique.
Je ne peux donc qu'encourager chacun d'entre vous à se faire sa propre opinion et ensuite, qu'il soit pour ou contre, d'aller voter en toute connaissance de cause et non sur la foi d'on-dit.
20:10 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
24/04/2005
Coup de sang matinal
Discussion matinale avec un ami... résultat : première poussée de fièvre anti-con ! Je ne supporte plus le conservatisme rétrograde des syndicats archaïsants à la française !
M'énerve trop ! Voilà des gens qui sont censés défendre les intérêts des salariés et qui n'ont toujours rien compris au fonctionnement d'une entreprise. Pas tous heureusement, certains ont encore les pieds sur terre, mais les soi-disant plus importants.En fait, la plupart des grosses structures n'ont qu'une raison d'exister : permettre de faire vivre un petit groupe de privilégiés sur le dos des adhérents. La justice, si prompte à se saisir des dossiers concernant les hommes politiques, osera-t-elle un jour s'attaquer au monstre de pots de vin, abus de biens sociaux et emplois fictifs que représentent les grosses structures syndicales ? A moins bien sûr que les syndicats de magistrats relevant de ces mêmes structures n'y tiennent pas vraiment : s'attaquer à l'une d'entre elles c'est ouvrir la boîte de Pandore... Adieux les petits avantages ! S'attaquer à un parti politique ne représente pas les mêmes risques, au contraire : un secrétaire général ou un trésorier condamné et voilà deux places à prendre… tout le monde s'y retrouve !
J'ai bien une solution... Autoritaire, certes, mais efficace. Chaque salarié devrait obligatoirement adhérer à un syndicat de son choix. Les accords, quels qu'ils soient, ne seraient applicable qu'aux salariés membres des syndicats signataires. On éviterait peut-être l'aberration de l'année dernière, un syndicat déclenchant des manifestations monstres pour défendre un "droit chèrement acquis"... qu'il avait refusé de signer !
18:20 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
19/04/2005
Privatiser pour assurer un vrai service public ?
Soyons clair : service public, fonction publique, entreprise publique... sont des notions non seulement différentes mais (souvent) contradictoires.
La confusion est volontairement entretenu par certaines organisations : il suffit que soit annoncée la fermeture d'un bureau de poste ou du bureau local de telle ou telle administration pour qu'aussitot se manifestent les chantres de la défense du soi-disant service public. Soi-disant, car souvent à y regardrer de près, le seul aspect public de ces services est leur financement !
Faudrait quand même pas confondre service public et service du public ! Avez-vous déjà vu beaucoup d'administrations ouvertes aux heures aux quelles les usagers sont disponibles ?
Dans le cas de La Poste, les syndicats dénoncent régulièrement la fermeture des petits bureaux non rentables. Pourtant, en transférant cette activité aux débits de tabac, non seulement cela permet d'assurer un revenu complémentaire à ces derniers, mais les "usagers" devenus clients bénéficient de plages horaires plus larges.
La fonction publique (ou assimilés) n'a de compte à rendre à personne. Les entreprises privées ont une obligation de résultat : si la qualité de service n'est pas assurée, le client s'adressera à la concurrence. Alors, qui est le plus à-même d'assurer un vrai service public ?
10:10 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
16/04/2005
Le paradoxe français
Pays étrange que la France :
Quand les fonctionnaires sont en grève et donc ne travaillent pas, on appelle cela une journée d’action !
Quand seulement 40% des électeurs vont voter, les journalistes parlent (à juste titre) d’une faible participation, mais quand 10% des étudiants sont dans la rue, ils évoquent une forte mobilisation !
Sur le même sujets, les 10% d’étudiants manifestants ont droit à tous les égards de la presse. Personne ne parle de la grande majorité, sinon favorable du moins pas hostile au texte. Pas plus qu’on ne parle des nombreuses dérives constatées un peu partout (comme cet exemple que j’ai déjà eu l’occasion de relater d’un professeur de collège emmenant ses élèves mineurs participer à une manifestation sans que les parents n’en soient informés !)
Et que dire des mesures adoptées dans de nombreux pays et qui, lorsqu’elle sont proposées en France, se voient rejetées a priori ? Il n’y a qu’en France qu’on pouvait voir des motards manifester contre l’allumage des feux de voiture en plein jour au prétexte que cela nuirait à la sécurité. Faut-il rappeler que cette mesure existe depuis des années dans les pays nordiques ?
Ou encore la Constitution Européenne, jugée “anti-sociale“ alors qu’elle a été approuvée par la Confédération Européenne des Syndicats représentant 76 confédérations européennes et plus de 60 millions d’adhérents ainsi que par l’ensemble des partis socialistes européens !
Cela s’explique-t-il par le nombrilisme, voire l’égoïsme, qui nous caractérise ? Car la réputation de râleur jamais satisfait du Français à l’étranger n’est vraiment pas usurpée. Seul son petit univers l’intéresse, ce qui se passe au tour de lui au mieux l’indiffère, au pire l’exaspère.
Le Français ne s’est jamais remis de la Révolution : il n’a jamais pu accepter l’abolition des privilèges. Enfin, ceux des autres si, cela lui semble normal… mais les siens, pas touche ! D’ailleurs, ce ne sont pas de privilèges quand il est concerné : on appelle alors ces avantages des acquis sociaux. Acquis dont il saura, d’une voix vibrante, vous raconter comment ils ont été chèrement conquis…
J’allais oublier, dans la même veine, ces mouvements qui nous servent du Zola à l’approche de chaque élection. “Travailleuses, travailleurs…“, l’anachronique Arlette débarque alors de sa planète, jetant un œil affolé sur le monde qui l’entoure, semblant découvrir avec effarement une société sortie tout droit du XIXème siècle, faite de méchants patrons et de bons ouvriers… avant de replonger dans sa naphtaline jusqu’à la prochaine campagne.
Ne serait-ce pas cela en définitive, la France d’aujourd’hui : un amalgame de micro-sociétés vivant repliées sur elles-mêmes, chacune contemplant l’autre comme une bête étrange.
01:55 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
15/04/2005
Sur l'aspect social de la Constitution Européenne
Pour en rajouter une couche sur l'aspect social, référons-nous à l'avis de la Confédération Européenne des Syndicats et à son secrétaire général, John Monks.
La Confédération Européenne des Syndicats, qui comprend 76 organisations syndicales issues de 34 pays et représentant 60 millions de syndiqués, appelle à voter OUI.
Selon l’expression de son secrétaire général, John Monks, c’est à une majorité “fulgurante“que les organisations membres de la CES ont entériné la résolution appelant à soutenir le projet de constitution européenne par un vote d’approbation à 90 % des mandats.
Seule FO (France) s’est opposée à cette résolution et 6 organisations dont la CGT et la CFTC (France) se sont abstenues. (en résume : 69 pour, 1 contre et 6 abstentions)
Voici, tel qu’il a été publié, le communiqué de presse de la CES du 14/10/2004 :
Le dialogue social renforcé par la Constitution
Aujourd’hui, lors d’une conférence à laquelle on célébrait le 20e anniversaire du dialogue social européen, John Monks, le Secrétaire Général de la CES et Philippe de Buck, le Secrétaire Général de l’UNICE, ont exprimé leur soutien au Traité constitutionnel et à sa ratification partout en Europe.
Ils ont en particulier salué l’Article I-48, qui reconnaît le rôle des partenaires sociaux au niveau européen et qui prend en compte respectivement la diversité des relations sociales nationales et l’autonomie du dialogue social.
Après vingt ans d’existence, le dialogue social européen a fait la preuve de sa valeur.
Tant les entreprises que les travailleurs ont besoin d’une Union européenne forte, capable de prendre des décisions garantes de leur avenir.
Et pour ceux qui ne l’aurait pas encore lu, un extrait de l’article publié dans le Nouvel Obs :
John Monks rappelle que "De nombreux objectifs et valeurs contenus dans le traité sont partagés par le mouvement syndical. Sans oublier la solidarité, la lutte contre l'exclusion, l'égalité hommes-femmes. La partie essentielle de la Constitution est à nos yeux la Charte des Droits fondamentaux. Non seulement les droits politiques et civils y sont reconnus, mais elle inclut aussi, et surtout, une liste de droits économiques et sociaux. Elle devient ainsi partie intégrante du droit européen avec une valeur juridique contraignante. Cela veut dire que les institutions de l'Union et les Etats membres sont tenus de respecter les droits inscrits dans la Charte. L'Union reconnaît pour la première fois le droit de grève, le droit aux prestations de sécurité sociale, aux services sociaux, toutes choses qui représentent un progrès non négligeable dans un contexte économique et social peu rassurant pour les salariés. Par ailleurs, ce texte est le premier traité européen à donner une existence juridique autonome aux services publics, qui sont reconnus comme l'instrument incontournable de la cohésion sociale de l'Union européenne."
16:21 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
14/04/2005
Un choix raisonné
Evoquer les délocalisations, comme le font actuellement certains tenants du “Non“, est, à mon avis, jouer sur les peurs des Français. Car cet argument n’est pas recevable, au contraire, il serait plutôt de nature à provoquer la réaction inverse. En refusant la Constitution la France se mettrait de fait en retrait par rapport aux 24 autres pays : ne serait-il alors pas tentant pour certaines entreprises de se délocaliser afin de rester au cœur de ce grand marché ?
Il en est ainsi de nombre des arguments avancés de part et d’autre : à chaque exemple, il est possible d’apporter un contre-exemple. Ainsi, en implantant une usine en Pologne, Peugeot a considérablement augmenté ses effectifs sur son site de production de Mulhouse afin de pouvoir fournir cette nouvelle usine en pièces détachées.
En tout état de cause, ce n’est pas en refusant un texte, qui est certainement imparfait mais qui a le mérité d’exister, que l’on empêchera ces mouvements industriels. Il me semble donc, non seulement vain, mais également dangereux de jouer ainsi sur les angoisses légitimes d’un certain nombre de nos compatriotes.
Malheureusement, depuis quelques années, nous avons perdu l’habitude de raisonner, sinon à long terme, du moins à moyen terme., et cette “civilisation du tout, tout de suite“ que nous connaissions bien dans le domaine du marketing s’est étendue à la politique : on élit quelqu’un sur un programme, applicable au cours d’un mandat d’une durée déterminée. Il n’a pas si longtemps encore, on attendait la fin du mandat, on faisait le bilan et en fonction de cela on reconduisait l’élu ou on le remplaçait. Aujourd’hui, on ne lui laisse plus le temps de mettre en pratique son programme : on exige des résultats tout de suite. Quitte à le remplacer avant qu’il ait eu le temps de mener à bien sa tâche, le même sort attendant d’ailleurs son successeur !
Alors, pour ce scrutin, posons-nous les vraies questions et arrêtons de jouer sur des fantasmes, des peurs irraisonnées ou des suppositions fallacieuses.
- voulons-nous garder cette Europe technocratique que dénoncent certain ou donner plus de pouvoirs aux élus ?
- faut-il refuser un texte qui, pour la première fois prend en compte des aspects sociaux (qui n’ont pas été faciles à obtenir, nombre de nos partenaires y étaient opposés) sous le prétexte qu’on ne va pas assez loin ?
- …
La liste peut être longue, mais sachons rester pragmatiques et concrets. Pour ma part, j’ai toujours appris qu’il valait mieux tenir que courir, et donc, même si, je le répète, ce texte est loin d’être totalement satisfaisant, il est aujourd’hui ce que nous pouvions espérer de mieux. Et contrairement à ce que certains tentent à nous faire croire, il n’est pas figé et peux évoluer dans le temps.
Rien ne permet d’affirmer qu’une renégociation serait possible : pourquoi 24 pays qui, au terme d’une longue et difficile négociation, ont trouvé un compromis acceptable par tous, devraient-ils céder face à un seul ? Comment peut-on croire que la France, qui a péniblement réussi à arracher un certain nombre de concessions sur le plan social, quand était en position de force, pourrait en obtenir d’avantage alors qu’elle se trouverait affaiblie et en position d’infériorité ?
Je sais bien que je ne convaincrais pas les farouches tenants du “Non“, mais j’espère sincèrement que les indécis prendront le temps de se renseigner, de bien peser le pour et le contre et de se déterminer en leur âme et conscience.
Mais, quelque soit votre choix, la seule que vous ne puissiez faire, c’est de rester indifférent : votez “Oui“ (de préférence), votez “Non“ (e toute façon, je ne pourrais pas vous en empêcher !), à l’extrême limite, votez blanc… mais VOTEZ !
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02/04/2005
Les Français ne changeront-ils donc jamais ?
Vue de l’étranger, l’attitude française face à la Constitution Européen provoque, non seulement la stupéfaction, mais aussi la consternation.
Comment nos voisins européens pourraient-ils comprendre que l’on qualifie d’anti-social un texte plébiscité par l’ensemble des partis socialistes européens ainsi que tous les grands syndicats ?
Comment pourraient-ils admettre que certains affirment qu’un refus de la France les obligerait à se remettre à la table des négociations : si la France refuse le traité, qu’elle reste dans son coin ! Il est hors de questions de renégocier un texte approuvé par 24 pays pour satisfaire aux exigences d’un seul. D’autant plus que celui-ci a obtenu des concessions importantes dans le domaine social !
Quand les français comprendront-ils que le monde à changé à l’issue du second conflit mondial. C’est vrai, nous en avons été bien imprégné de l’image de la grandeur de la France : Jeanne d’Arc, Louis XIV, Napoléon, la révolution, la France patrie des Droits de l’Homme et j’en oublie…Les pages noires de notre histoire ont été soigneusement occultées : de la Campagne d’Egypte, on n’a retenu que le discours des pyramides, pas les milliers de prisonniers égorgés parce qu’ils ralentissaient la marche d’une armée dont le seul but était de ramasser le plus de richesses possibles. Le soutien des troupes françaises à la révolution américaine est largement évoqué, mais rien sur la participation des troupes françaises contre la révolution mexicaine…
Mais le monde à bien changé depuis Yalta, la France n’a plus la place prépondérante qu'elle occupait jadis. L’illusion a été entretenue grâce à la personnalité exceptionnelle du général de Gaulle qui a su incarner une certaine idée de la France, mais après lui ?
Georges Pompidou a été le président de la relance économique, mais qui le connaissait à l’étranger ?
Valéry Giscard d’Estaing a initié un certain nombre de réformes qui ont réellement bouleversé la société française (majorité à 18 ans, avortement…). Son image à l’étranger ? A part l’Allemagne qui voyait en lui le partenaire du Chancelier Schmidt, pas grand chose.
Il en sera de même pour François Mitterrand. Omni présent sur la scène nationale, la longueur de son règne en fera l’un des hommes politiques clé du siècle : une grande partie de la population ne connaîtra que lui comme président et n’aura donc aucun point de comparaison. A son crédit, la suppression de la peine de mort, quelques monuments plus ou moins controversés, des réformes sociales dont l’avenir permettra d’apprécier la justesse… mais à l’étranger ? La poursuite des relations franco-allemandes et donc, longévité politique aidant, une certaine reconnaissance outre-Rhin. Il est vrai que l’étranger n’intéressait pas beaucoup celui qui s’attachait à entretenir son image.
Avec Jacques Chirac, la France a retrouvé une place sur la scène internationale. Par ces prises de positions, l’homme suscite l’intérêt des médias internationaux.
Mais l’image de la France est bien loin de ce que se plaisent à imaginer les Français !
Donc, imaginer que par son refus de la Constitution Européenne la France obtiendra une nouvelle négociation est totalement illusoire. Et si, par chance, une telle négociation devait avoir lieu, la France fragilisée pourrait-elle maintenir les concessions obtenues ?
En tout état de cause, refuser le traité constitutionnel ne peut avoir qu’une conséquence pour notre pays : le mettre à l’écart de la construction européenne.
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